Inoxtag va gravir l’Everest : quelles sont les conditions requises pour tenter l’aventure ?

Vous le savez peut-être, le célèbre youtubeur Inoxtag s'est donné pour but de gravir l'Everest. Et ce projet aussi courageux qu'ambitieux va démarrer en mai prochain. A 22 ans, il va donc entreprendre une ascension qui est le rêve de beaucoup d'alpinistes, mais qui peut aussi être dangereuse. Elle demande des qualités humaines, de force et de compétences, que peu ont. Et elle a aussi un coût ! Qui peut gravir l'Everest ? Combien coûte l'ascension ? Comment avoir une autorisation ? Voici les conditions requises pour réaliser l'un des plus beaux exploits d'une vie.

Gravir l'Everest est le Graal de tout alpiniste. D'abord parce que c'est le plus haut sommet du monde, mais aussi et surtout par ce que c'est l'un des plus difficiles. De nombreux alpinistes, parfois très expérimentés, l'ont appris à leurs dépens. On estime à moins d'un tiers les alpinistes qui ont été capables d'achever son ascension, et ils étaient tous chevronnés. Plus des deux tiers ont donc abandonné. D'autres sont morts. Pour vous donner une idée, le prestigieux National Geographic qualifie carrément les risques de cette ascension d'"insensés".

© Inoxtag

Une ascension prévue en mai

Il y a plus d'un an, Inoxtag avait annoncé son challenge. On connaissait Inoxtag gamer, mais aussi cycliste ayant relié Paris à Roubaix en vélo. Belle performance déjà qui démontrait qu'on peut exceller dans le gaming, et être tout aussi bon en sport. C'est l'année suivante qu'il annonce son envie forte de se mesurer au plus haut sommet du monde, l'Everest. Le youtubeur de 22 ans est donc parti avec son équipe le 10 avril dernier afin de rejoindre le Népal et s'acclimater à la montagne avant de démarrer son ascension en mai prochain.

Un nombre d'autorisation en augmentation

En matière de passion, l'homme veut toujours aller plus loin, et voit toujours plus grand. Alors les alpinistes cherchent le challenge, et donc la difficulté. Ainsi, ces dernières années ont vu le nombre de demandes de permis grimper. Ces autorisations, délivrées par le Ministère du Tourisme népalais, tournent autour de 400 par an (et plus de 450 en 2023). Cela est énorme si l'on considère la difficulté de l'entreprise, leur prix très élevé et le fait qu'en un siècle (les premières tentatives ont eu lieu dans les années 20), seulement 4000 alpinistes sont arrivés au sommet, ce qui fait 40 par an en moyenne.

L'ascension de l'Everest, vers le camp de base du parc national de Sagarmatha

L'ascension de l'Everest, vers le camp de base du parc national de Sagarmatha

- © Daniel Prudek / Shutterstock

Un prix exorbitant pour atteindre le sommet

Face à cet afflux qui est problématique, le gouvernement népalais a décidé d'augmenter le prix du droit d'accès au sommet. Au printemps prochain, le prix devrait passer à 15 000 $ contre 11 000 $ aujourd'hui. Un gain de plus de 36 % qui viendra donc gonfler un chiffre d'affaire dodu qui tourne déjà autour des 5 millions de dollars actuellement, générés par cette simple redevance. Pas sûr que ce tarif, sensé être dissuasif, le soit en définitive.

Comme on l'a vu dans l'excellent film "Everest", avec Jake Gyllenhaal et Josh Brolin, parfaitement documenté grâce aux mémoires d'un des survivants de l'expédition de mai 1996, ceux qui ont décidé de se frotter au géant des géants sont généralement fortunés.

Un alpiniste à la montagne

Un alpiniste à la montagne

- © yanik88 / Shutterstock

Car il faudra aussi payer les organisateurs des expéditions commerciales, ce qui coûte plusieurs dizaines de milliers d'euros (généralement entre 50 et 100 000 $). Et puis aussi les Sherpas, sans parler du matériel.

Une ascension dangereuse qui demande de l’entraînement

Si l'homme a marché sur la lune pour la première fois en juillet 1969, il n'a posé le pied sur le sommet de l'Everest qu'en 1953. Avant, il ne s'en était jamais donné les moyens. Pourquoi cela ? Si les difficultés à le gravir sont indéniables, multipliant les obstacles, c'est son altitude qui pose le plus de difficultés, dues au manque d'air et aux risques d'œdèmes. Quand la météo s'en mêle, ces difficultés deviennent rédhibitoires, même avec des bouteilles d'oxygène.

Un alpiniste en train train de gravir un sommet

Un alpiniste en train train de gravir un sommet

- © Evgeny Subbotsky / Shutterstock

On l'aura compris, cette alpinisme-là s'adresse uniquement aux athlètes, car fournir un tel effort, avec le froid comme ennemi permanent et le manque d'oxygène comme handicap majeur nécessite un physique particulièrement préparé. Il ne faut pas alors qu'une tempête de neige arrive où qu'une affluence d'alpinistes bloque l'accès aux voies. D'où la nécessité d'une régulation de la fréquentation de la montagne. Il y a 5 ans, des décès ont été malheureusement imputées à ce type d'encombrements.

Le sommet est encore loin, les alpinistes rejoignent le camp de base

Le sommet est encore loin, les alpinistes rejoignent le camp de base

- © johnny sharif / Shutterstock

Au-delà des multiples difficultés qu'oppose la montagne aux alpinistes, le manque d'oxygène, qui peut ne pas être pallié par un apport en bouteilles, et le froid glacial qui peut descendre à des niveaux tout bonnement inhumains, sont les vrais dangers de l'Everest.

par Pascal ANTOINE | Rédacteur
Rédacteur, journaliste et photographe depuis 25 ans, ses articles ont été publiés dans la presse magazine (Voyager Magazine, Partir, Gala, 4x4 Mag, etc.). Sa focale : toujours aborder une destination par ce qu’elle a de plus captivant, sa culture.
Dernières actus
Ces 20 spots de surf font partie des meilleurs au monde !
Voyage en famille : 4 destinations où partir avec des enfants cet été
France
Connaissez-vous ces 7 marchés qui font partie des plus beaux de France ?
Ces 4 piscines sont les plus profondes du monde ! Oseriez-vous plonger dedans ?
Toutes les actualités
Top destinations