L'histoire de la Ligne Verte remonte au début des années 1960, quand des tensions intercommunautaires se sont intensifiées entre les Chypriotes grecs et turcs. C’est dans les petites heures du matin du 30 décembre 1963 que le général britannique Peter Young s'est servi d'un crayon vert pour tracer une ligne sur la carte de Nicosie, marquant ainsi une frontière visant à cesser les combats meurtriers entre les deux communautés. Cette ligne, initialement prévue comme une mesure temporaire, a fini par devenir la frontière de facto entre la partie nord, occupée par les Chypriotes turcs, et le sud, dominé par les Chypriotes grecs.
À la suite de l'invasion turque en 1974, la ligne a été étendue pour couvrir l’ensemble de l'île, la transformant en une zone tampon de l'ONU d'environ 180 kilomètres de long. Les déplacements forcés ont entraîné le bouleversement de milliers de vies, alors que des centaines de milliers de personnes ont dû quitter leurs foyers pour atteindre des endroits plus sûrs. Aujourd'hui, cette ligne n'est pas seulement une réalité géographique, mais elle incarne aussi un chapitre poignant de l'histoire turbulente de Chypre.