Plage de sable fin, terres multicolores et eaux turquoise : à la découverte de Porto Santo, le petit paradis méconnu de Madère

Madère n’est pas qu'une île, c’est un archipel. En son sein, l’île méconnue de Porto Santo offre pourtant tous les gages d’une île de rêve : une plage immense au sable d’une incroyable finesse, un climat subtropical, doux et stable, plus clément que celui de l’île de Madère et un sanctuaire faunique très particulier dans cette partie de la planète. Et pour les golfeurs, un green géant, exceptionnel.

On l’appelle “l’île Dorée”.

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L’archipel est bien-sûr volcanique, mais Porto Santo se caractérise par un relief tout en nuances, avec des montagnes et des falaises se laissant tomber dans l’océan au Nord-Est, et une vaste plaine côtière au Sud qui se finit en beauté par sa longue plage caractéristique. Quelques îlots lui tiennent compagnie.

Point de vue Flores - Porto Santo

Miradouro da Flores à Porto Santo donnant sur la "plage dorée"

- © Francisco Correia

Ici, on boude les énergies fossiles pour se consacrer uniquement à l’électrique et au énergies renouvelables, solaires et éoliennes. En amoureux de la nature, vous serez sûrement là pour rencontrer les nombreux mammifères marins qui viennent frayer dans ses eaux, ou bien pour randonner dans ce décor volcanique aux multiples surprises, notamment chromatiques.

Sa plage de sable doré

Qui ne vient pas à Porto Santo pour son interminable plage de sable doré ? Aussi grandiose que rare par sa taille et sa beauté, la plage de Porto Santo est un véritable monument dont on vient de loin fouler du pied le sable chaud. Contrairement aux plages de cailloux ou de sable noir volcanique de la Macaronésie, son sable est d'une finesse inouïe, doux comme de la soie. Et sa plage à la très légère pente vous invite à la suivre dans l’eau turquoise cristalline de l’océan, ce que vous ne manquerez pas de faire.

Bien-sûr, on y viendra pour farnienter sur la plage, prendre le soleil et puis marcher longuement les pieds dans l’eau. La plage n’est pas très large, mais sa longueur compense. Ruban que l’on aimera parcourir à pied, on y trouve aussi des transats et des restaurants de fruits de mer et de spécialités madériennes.

La praia Lagoa

La praia Lagoa

- © Henrique Seruca.

Mais cette plage ne se contente pas d’être un lieu de détente très couru dans l’archipel, c'est aussi un véritable havre de soins naturels à ciel ouvert, prodigué par son sable si particulier, à la fois biogénique et carbonaté. Car oui, ce sable ne se constitue pas de silice, comme les autres, mais exceptionnellement de minéraux essentiels (magnésium, calcium, phosphore, soufre et strontium, un anti-inflammatoire naturel) qui lui confèrent des vertus thérapeuthiques.

Il s’agit de fragments quasi-microscopiques de coraux, de coquillages et d'organismes marins broyés par l'océan au fil des millénaires. Ces vertus si particulières auxquelles l’humain est sensible permettent une thérapie par le sable : c’est la psammothérapie, ou sablothérapie (ou encore arénothérapie). Une médecine douce qui existe au moins depuis l’Egypte antique.

Vasodilatation et relaxation musculaire intense pourront alors faire partie de vos vacances si vous vous laissez séduire par l’appel du sable unique de Porto Santo. Cette expérience pourrait se faire dans un hôtel ou une clinique spécialisée qui prodigue ces bains de sable, encadrés médicalement, sur l’île.

La réserve naturelle de biosphère reconnue par l'UNESCO

Dans ses critères sélectifs, l’Unesco prête une attention toute particulière à la manière dont l’Homme, à travers le temps, est parvenu, par son ingéniosité, à faire face à ses besoins essentiels avec les seuls moyens que la nature lui prêtait. Les contraintes de Porto Santo sont multiples, à commencer par le fait qu’il s’agit d’une île, petite, aride et venteuse.

Il a donc fallu s’adapter à la sécheresse et au vent, lequel, lui-même, dessèche en même temps qu’il charrie le sel marin dans les terres et les habitations. Si les Portugais sont aguerris, par la force des choses, à ce type de problématique d'adaptation, comme sur les côtes marocaines par exemple, les murs en crochet (Muros de Croché) n’existent que là. Signature paysagère unique en son genre, elle se caractérise par de très petits murs qui forment de petits compartiments rectangulaires. Destinés à protéger les vignes du vent et des embruns salés, ils ressemblent de loin au maillage d’une dentelle réalisée au crochet.

Vue aérienne sur Porto Santo

Vue aérienne sur Porto Santo

- © ILHAVISÃO MULTIMEDIA

La vigne, elle, ne monte pas sur des tuteurs ou des pieds verticaux. Elle pousse sur le sol, à l’abri du vent salé. Et la nuit, la pierre des murets, tout près, lui restitue la chaleur emmagasinée le jour.

On le voit, la nature est économe et a horreur du gâchis. Les Profetas, l’autre nom des Portosantiens, l'avaient bien compris et il subsistent quelques "casas de salão", autrement dit maisons d’argile, utilisant des toits recouverts de salão, l'argile locale, pour ses vertus isolantes.

Côté faune, on sera surpris car les animaux en question ont tendance à vivre cachés. Ce n’est donc pas leur présence, pourtant phénoménale, qui pourra vous surprendre. Et cependant, nombre de ces espèces n'existent qu’ici et nulle part ailleurs sur Terre. Nous parlons là de sa malacofaune, c’est-à-dire de toute une diversité d’espèces d’escargots qui ne vivent que là, à Porto Santo, voire qui n’existent que sur un îlot de l’archipel ou un pic rocheux de l’île. Ici, le taux d'endémisme de ces animaux est record.

La réserve s’étend aussi sur les six îlots inhabités autour de l'île principale où elle constitue un sanctuaire pour les oiseaux marins et des plantes rares qui ont disparu du reste de la planète. De son côté, la zone maritime, bien entendu protégée, abrite des espèces fragiles comme la tortue caouanne. On peut y voir parfois des phoques moines, l’espèce de phoque la plus rare au monde.

L’Observation des mammifères marins

L’observation de cétacés fascine petits et grands. Il faut dire qu’on a peu de chance d’en voir en captivité (et de moins en moins) et que rien n’est plus satisfaisant que de les voir s’agiter dans leur milieu naturel. Porto Santo est réputé pour être une scène de choix de ce spectacle. Pour se faire plaisir, il suffit de prendre un bateau et d’aller en mer. On peut en croiser tout le long de l’année. Mais sachez toutefois que ces mammifères ont leur propre carnet de voyage. Ils ne sont pas tous visibles tout le temps, exception faite du cachalot qui n’est pas trop regardant sur la météo.

Dauphins à Porto Santo

Dauphins à Porto Santo

- © Paula Hilario

Les autres stars de Porto Santo sont le dauphin commun et le tursiops, le grand dauphin, qui parfois viennent près du bord. Très populaire, intelligent, joueur, et familier pour avoir été un personnage récurrent des programmes télé pour enfants, le dauphin, qui se déplace rarement seul, saura rapidement vous séduire. Viendront aussi peut-être dans cette immense scène naturelle qu’est l’océan, le rorqual de Bryde, en été et en automne, le rorqual commun, le globicéphale et la baleine, dont il existe ici aussi plusieurs espèces, au printemps et en automne.

Alors partez en mer avec un guide, humain ou de papier, et amusez-vous à identifier ces masses qui remontent à la surface pour respirer ou, dans le cas des dauphins et des tursiops, pour chasser ou s’amuser à caracoler les vagues.

Randonnées le long des veredas, géologie et panoramas grandioses

Contrairement à l’île de Madère, il n’y pas pratiquement pas de levadas sur Porto Santo car son relief et ses conditions climatiques diffèrent. Vous ne pourrez donc pas compter sur une levada pour vous servir de fil d’Ariane et y trouver les pendants luxuriants qui caractérisent l’île principale.

Mais bien entendu, cela n’empêche pas de partir en randonnée, sur un terrain plus plat qu’à Madère, en suivant des sentiers de montagne ou bien côtiers. On les appelle des veredas. Le spectacle sera assurément plus minéral car ici, pas de laurisylve, et la végétation est beaucoup moins présente, climat aride et venteux oblige. Par contre, le sol volcanique n’est pas avare de couleurs qui vont de l’ocre au vermillon intense, en passant par des jaunes clairs et des oranges ferreux.

La vereda du Pico Branco

La vereda du Pico Branco

- © Francisco Correia

L’île est considérée comme un véritable musée de minéraux à ciel ouvert. Ainsi les randonneurs sont souvent soit des curieux, soit des amateurs éclairés dans cette matière si particulière. On y trouve des formations prismatiques qui ont pris la forme d’orgues basaltiques, des calcites qui tracent des veines par leur blancheur dans la roche volcanique foncée, des rhizolithes, racines tubulaires de plantes fossilisées qui fascinent les néophytes. Et puis des tas d’autres pierres qu’on trouve en terrain volcanique comme l’olivine ressemblant au péridot ou, pourquoi pas, à l’émeraude. Un beau vert translucide qui fait quand même rêver une fois taillé !

Vue plongeante sur la vereda du Pico Branco

Vue plongeante sur la vereda du Pico Branco

- © Francisco Correia

Alors si les minéraux vous intéressent, mais aussi la flore, partez en randonnée dans le Vereda do Pico Branco (PR1), le deuxième sommet le plus haut de l'île. Cette vereda est taillée en partie dans la roche. A la hauteur des falaises, vous pourrez scruter, selon la saison, les nids des puffins venus se reproduire. En altitude, elle vous offrira des vues vertigineuses et impressionnantes sur la côte. Vous trouverez en chemin la plus grande concentration de la flore indigène de l’île, dont le fameux dragonnier, le cousin de celui qu’on trouve à Socotra.

Randonnée sur la vereda do Pico Castelo

Randonnée sur la vereda do Pico Castelo

- © Francisco Correia

Si vous préfériez la vereda do Pico do Castelo (PR2), vous tracerez vers le pic qui servait de forteresse naturelle contre les pirates. Quant-à la vereda do Pico do Facho (PR3), elle vous mènera jusqu’au toit de l'île et ses 517 mètres d’altitude. Vous dominerez les volcans éteints pour mieux dominer l’île. N’oubliez pas d’emporter beaucoup d’eau, l’île est aride et ses randonnées aussi. Le soleil tape et le vent déploie toute sa puissance sur les crêtes que vous traverserez.

Pratique du golf sur un green extraordinaire

Un autre attrait saillant séduira une catégorie à part de vacanciers : les golfeurs. Si le Portugal est une destination golfique phare, Madère ne déroge pas à cette règle et Porto Santo, au-delà de sa plage, offre un parcours exceptionnel qui traverse l'île du Nord au Sud, mariant dunes de sable, greens infinis et falaises de basalte.

Vue générale sur le Porto Santo Golfe

Vue générale sur le Porto Santo Golfe

- © Fabio Brito

D’abord, le Porto Santo Golfe est remarquable à plus d’un titre, à commencer par le fait qu’il a été conçu par une figure légendaire de ce sport, l’espagnol Severiano Ballesteros. Sans trahir l’esprit de cette conception, on peut sûrement affirmer que le célèbre champion à pensé ce terrain à son image : stratégique et audacieux. Car le vent change la donne sans répit, tandis que son green est un jeu de reliefs et d’obstacles s’étirant sur plus de 7 km, depuis la côte Nord-Ouest de l’île jusqu’aux hauteurs de Campo de Baixo, au Sud-Est.

Sur le green du Porto Santo Golfe

Sur le green du Porto Santo Golfe

- © Nuno Andrade

Au Nord, on jouera au sommet des falaises de basalte abruptes en profitant du panorama époustouflant sur l’océan. Tandis qu’au Sud, plusieurs lacs et des palmiers obligent à l’agilité du fer et à la précision.

Le trou signature du Porto Santo Golfe impose un tir au-dessus d’une gorge battue par les vents marins, sur plus de 200 mètres d’amplitude. Un challenge même pour les meilleurs.

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par Pascal ANTOINE | Rédacteur
Rédacteur, journaliste et photographe depuis 25 ans, ses articles ont été publiés dans la presse magazine (Voyager Magazine, Partir, Gala, 4x4 Mag, etc.). Sa focale : toujours aborder une destination par ce qu’elle a de plus captivant, sa culture.
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