On entend souvent que le Taj Mahal est un palais qu'un empereur moghol a fait construire il y a fort longtemps pour honorer la mémoire de sa bien-aimée disparue. L'histoire est encore plus tragique puisque celle-ci décéda en donnant naissance à leur quatorzième enfant.
Fleuron de l'art indo-islamique, le Taj Mahal est un emblème majeur de l'Inde, et plus particulièrement de l'Uttar Pradesh. Si on ignore parfois qu'il ne s'agit pas d'un "palais" comme on se plait à l'appeler, mais en réalité d'un mausolée (autrement dit d'un tombeau), le Taj Mahal recèle bien d'autres secrets qu'on vous dévoile ici. C'est l'une des "sept nouvelles merveilles du monde".
Le Taj Mahal, une histoire d'amour universelle
- © SasinTipchai / ShutterstockLe monument n'est donc pas un palais au sens littéral du terme, mais un remarquable mausolée de marbre blanc où l'empereur Shâh Jahân et son épouse Arjumand Bânu Begam reposent depuis la fin du 17e siècle. Pour ces raisons, c'est l'un des symboles universels de l’amour éternel.
1) Le Taj Mahal ou l'histoire d'une promesse
L'amour qui unissait l'empereur et sa femme bien-aimée était si fort qu'on raconte que celle-ci, qu'on nomme aussi Mumtaz Mahal, aurait fait promettre à son époux d'ériger un monument dédié à sa mémoire et à leur amour.
Sur les rives de la rivière Yamuna, à Agra
- © Boris Stroujko / ShutterstockC'est donc par la force de cette promesse et par la grandeur de leur amour que ce monument demeure aujourd'hui l'une des créations terrestres les plus remarquables.
2) Une symétrie (quasi) parfaite
Tout visiteur est frappé par la symétrie du monument qui en impose par la beauté de son architecture, l'uniformité de sa blancheur et la perfection de sa géométrie. D'autant qu'un long bassin qui lui est perpendiculaire, et dans lequel son image se reflète, vient renforcer cette symétrie.
Le Taj Mahal ou la force des symétries
- © diy13 / ShutterstockChaque côté du mausolée est identique, à la manière d'un reflet parfait, exception faite de l'emplacement du tombeau de Shah Jahan, qui a été intégré ultérieurement à la construction de l'édifice et qui vient donc modifier légèrement cette symétrie.
3) Une architecture anti-sismique
Aussi incroyable que cela puisse paraître, en ce milieu du 17e siècle, des techniques avaient été déjà élaborées pour contenir des effets sismiques susceptibles de porter atteinte à l'intégrité du formidable monument. Les minarets notamment sont légèrement inclinés vers l’extérieur afin de tomber hors du périmètre intérieur du mausolée si un tremblement de terre survenait.
Un système de fondation ingénieux, antisismique, reposant sur des pilotis en acajou
- © AlexAnton / Shutterstock4) Ses changements de couleurs
Le Taj Mahal est immaculé et construit en marbre blanc, une pierre réfléchissante. Sa façade et toute sa surface extérieure sont donc sensibles aux changements de lumière, et plus particulièrement aux variations de sa couleur. C'est ainsi que le monument change de teinte au fur et à mesure de la journée, dès le petit matin, et même pendant la nuit.
Le Taj Mahal, une palette de couleurs tout le long de la journée.
- © Skreidzeleu / ShutterstockEn effet, la nuit, et par temps clair, c'est la lueur de la lune qui donne au marbre blanc du Taj Mahal ses luisances subtiles. Au petit matin, le monument exprime des tons rosés au lever du soleil, tandis qu'il vire au blanc en milieu de matinée et aux valeurs dorées en fin de journée.
5) Des légendes sur les artisans
Notre passé se nourrit de nos légendes et le Taj Mahal n'échappe pas à cette règle. Il se raconte entre autres que l'empereur Shah Jahan aurait fait mutiler, voire éliminer, certains de ses artisans pour s'assurer qu'aucun joyau architectural ne puisse à l'avenir égaler, et encore moins surpasser, son mausolée.
22 ans de travaux et 22 000 esclaves
- © Pavel Laputskov / ShutterstockMais aujourd'hui les historiens sont formels : il s'agit d'une légende et une telle cruauté aurait laissé des traces dans l'histoire, lesquelles n'existent pas.
6) Des artisans recrutés dans le monde entier
Ce que l'on sait toutefois, c'est que les milliers d'artisans, sculpteurs, mosaïste, peintres, ébénistes et calligraphes ont consacré une part importante de leur vie à cet édifice unique construit entre 1631 et 1653. Certains ont été recrutés bien au-delà des frontières de l'Inde, en Asie centrale et Iran, pour leur savoir-faire incomparable. Leur contribution constitue une œuvre à part entière, tout aussi unique.
Bas-relief du Taj Mahal, technique dite "pietra dura"
- © francesc serrat / ShutterstockPar exemple, des bas-reliefs représentants des motifs floraux sont le fruit de sculpteurs florentins maitrisant la technique de la "pietra dura", chèrement payés à cette fin, venus spécialement de Florence où on travaillait le marbre de Carrare.
7) Le projet du Taj Mahal Noir
Il semble qu'un tel projet ait réellement été pensé par l'empereur désireux d'offrir au flamboyant Taj Mahal un pendant symbolique. L'intention était d'exprimer son douloureux deuil devant la perte de sa bien-aimée. Dans un souci de parfaite symétrie, ce nouveau Taj Mahal aurait pu être édifié de l'autre côté de la rivière Yamuna.
Dans la nuit, on cherche le Taj Mahal Noir
- © B.Panupong / ShutterstockA cet endroit, un jardin identique à celui du Taj Mahal s'étendait dans une parfaite symétrie. Il s'agit du Mehtab Bagh où un nouveau mausolée géant aurait pu voir le jour, mais où rien n'a jamais été construit.
8) Les mystères des sous-sols
On a l'imagination facile dès qu'on nous cache des choses. Ainsi, si le Taj Mahal possède un réseau de chambres souterraines fermées au public, certains s'interrogent sur les richesses qui pourraient s'y cacher. S'il est probable que les sous-sols du Taj Mahal renferment des sépultures secondaires, leur vraie richesse consiste dans ses fondations.
Le Taj Mahal et la rivière Yamuna
- © Muratart / ShutterstockCelles-ci sont sur des pilotis d'acajou plantés dans les puits souterrains alimentés par la rivière, ce qui est très rare pour un monument de cette taille. La stabilité structurelle de l'édifice dépend donc de cette dernière, qui a tendance à désormais se tarir, et fait l’objet d’un suivi régulier de la part de l'UNESCO.
Scène de vie près du Taj Mahal
- © APChanel / ShutterstockAu fil des siècles, ce bois a garanti une stabilité à l'édifice. Mais il y a quinze ans, on nota une instabilité dans les soubassements des minarets liée au tarissement de la rivière alimentant les puits.
9) Des pierres précieuses venues des quatre coins du monde
Si l'architecte perse de l'empereur, Ustad Ahmad Lahauri, n'a pas hésité a faire chercher les meilleurs artisans loin d'Agra, et même bien au-delà des frontières indiennes, il en va de même des pierres précieuses et semi-précieuses qui sertissent le monument. Quand les marchands ne pouvaient pas apporter les denrées à Agra, on allait les chercher où elles se trouvaient.
Les arabesques florales en marqueterie de pierre serties dans le marbre blanc de la mosquée
- © jlphotography2006 / ShutterstockAinsi la cornaline et l'agate ont été recherchés au Yémen, la turquoise et la malachite au Tibet, le cristal dans l'Himalaya, le lapis-lazuli au Sri Lanka. Il a fallu ensuite tailler et sertir ces nombreuses pierres. On notera par exemple la maçonnerie sertie de pierres précieuses et semi-précieuses, ainsi que les tympans de la salle des prières de la mosquée décorés d'arabesques florales en marqueterie de pierre.
Fin de jour sur le mausolée
- © Keith Levit / 123RF10) Le Shah Jahan et son épouse ne reposent pas là où on le croit
C'est peut-être le plus grand secret du Taj Mahal : l'empereur et son épouse Arjumand Bânu Begam, alias Mumtaz Mahal, ne reposent pas dans le tombeau surélevé qui trône dans la chambre funéraire du mausolée, précisément là où six millions de visiteurs se pressent chaque année. Il s'agit en effet de cénotaphes, des monuments funéraires parfaitement décorés qui ressemblent en tous points à des tombeaux, mais dans lesquels les corps ne sont pas placés.
Conformément à la tradition des dynasties mogholes, la sépulture du couple impérial se trouve dans une chambre funéraire située dans une crypte souterraine, sous le mausolée.


