Dans le cadre de la 46e réunion du Comité du patrimoine mondial, réuni à New Delhi, l’Italie a obtenu son 60e site archéologique sur la liste du patrimoine mondial de l’Humanité. Une fierté pour le pays et pour son ministre de la Culture.
Comme chaque année, le Comité du patrimoine mondial s’est réuni, cette fois-ci à New Delhi, et la décision fut prise d’ajouter la Via Appia, une ancienne route romaine, sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Avec cet arrêté, l’Italie obtient son 60e site reconnu, loin devant les autres pays.
La Via Appia, véritable témoin du passé
Célèbre route pavée romaine, la Via Appia est longue de 650 km et traverse l’Italie centrale et méridionale (au sud). Commencée en 312 avant J.-C. par Appius Claudius Caecus, dit l’Aveugle (il perd la vue en vieillissant), la voie doit relier Rome à Capoue, près de Naples. Elle est prolongée jusqu’à Brindisi, à la pointe du pays (plus ou moins face à l’actuelle capitale albanienne, Tirana). La ville devait alors servir de liaison avec la Grèce et l’Orient.
Rome, sépulture ronde avec tour ©ICCD, Stefano Castellani, UNESCO
D’abord construite pour répondre à des besoins militaires, la Via Appia devient rapidement un axe majeur pour le commerce et la transmission de la culture. Les travaux sont titanesques : édification de ponts et viaducs, percement du relief, creusement de canaux, construction de relais de poste et d’auberges pour accueillir soldats, voyageurs et marchands. Très rapidement, cette voie de communication devient le modèle pour toutes les autres, en Italie. Les prochaines routes romaines seront conçues sur le même modèle : c’est là que naît le système routier de l’Empire romain.
Surnommée "Regina Viarum” (“la reine des routes” en latin), cette voie pavée est un véritable livre d’histoire et un formidable site archéologique, bien loin d’avoir livré tous ses secrets. Remonter la Via Appia relève du voyage dans le temps : on y découvre le tombeau de Cecilia Metella, fille de Consul, datant du 1er siècle avant J.-C. ; on y retrouve des catacombes, villas, mausolées qui racontent la naissance, l’essor, la grandeur puis la chute de l’empire romain. La voie raconte aussi l’après, le Moyen-Âge, avec ses basiliques et cryptes toujours conservées.
Via Appia, Italie
- © Oxana Denezhkina / ShutterstockUn site désormais inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO
Cette nomination est une fierté pour le pays. Gennaro Sangiuliano, ministre de la culture, déclare que « l'UNESCO a saisi la valeur universelle exceptionnelle d'un ouvrage d'art extraordinaire qui, au fil des siècles, a été essentiel pour les échanges commerciaux, sociaux et culturels avec la Méditerranée et l'Orient » et ajoute que cela est un succès en plus, après l'ajout de l'Opéra italien à cette liste l'année dernière.
Via Appia, Italie
- © Martina Birnbaum / ShutterstockOutre le Via Appia, le Comité a validé plusieurs autres sites. Au total, 24 nouveaux sites s'ajoutent, dont 4 sont naturels. On peut évoquer les sites de mémoire de Nelson Mandela en Afrique du Sud, la frontière de l’empire romain à Dacie, en Roumanie, les vestiges de l’ancienne Hegmataneh, une ville de l’actuel Iran. Du côté du patrimoine naturel, on peut citer le Désert de Badain Jaran ou le Parc national de Lençois Maranhenses, au Brésil.



