Découvrir la culture créole en Guadeloupe

Avec leurs paysages de carte postale, les îles de la Guadeloupe attirent par leur nature sauvage et leurs plages paradisiaques. Leur climat tropical et leurs nombreux points d’intérêt touristiques en font l’une des destinations phares des Caraïbes. Si à Basse-Terre la végétation a repris ses droits sur les pentes du volcan de La Soufrière, offrant ainsi un terrain de jeu aux amateurs de randonnées et de paysages plus sauvages, Grande-Terre fait place aux stations balnéaires et aux plantations de canne à sucre.

Mais avant de se visiter, la Guadeloupe est une destination qui se vit intensément. Au-delà des paysages, c’est aussi la culture créole et antillaise qui fait tout le charme de l’archipel. Pour commencer, laissez-vous séduire par le dialecte local et dégustez l’une des nombreuses spécialités culinaires des Caraïbes. Mais pour plonger davantage dans la culture guadeloupéenne, voici quelques incontournables à ajouter à votre carnet de route.

Comprendre l’histoire de la Guadeloupe

déportation d’esclaves dès le milieu du 17e siècle. Pendant près de 200 ans, les hommes et les femmes de couleur noire étaient achetés et revendus comme du bétail, et utilisés comme main d’œuvre dans les domaines sucriers. À titre d’exemple, selon les documents d’archive, l’île de Marie-Galante comptait en 1790 plus de 11500 habitants dont 9400 esclaves, soit plus de 78 % de la population. 

Ce n’est finalement qu’en 1848 que le décret abolissant l'esclavage et la traite négrière dans les colonies a été signé en Guadeloupe, notamment grâce au combat de Victor Schœlcher. Aujourd’hui encore, ce jour du 28 avril est célébré chaque année par les Guadeloupéens. 

À Sainte-Anne, le buste de Victor Schœlcher trône symboliquement devant la place de l’église.

- © Gabriele Maltinti / Shutterstock

Où en apprendre plus sur l’esclavage en Guadeloupe ?

Pour mieux comprendre cette sombre période de l’histoire de la Guadeloupe, nous vous conseillons de visiter un ou plusieurs musées dédiés à la mémoire des victimes de l’esclavage

Inauguré en mai 2015, le Mémorial ACTe (Centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage) fait figure d’incontournable. C'est dans la capitale, Pointe-à-Pitre, que cet espace de plus de 1500 m² est sorti de terre, pour un budget avoisinant les 100 millions d'euros. Une scénographie exceptionnelle, des œuvres mêlant bandes sons, vidéos, tableaux, art contemporain, musique et tablette interactive font de ce musée un lieu agréable regorgeant d'informations. Au Mémorial ACTe, impossible de tout retenir, difficile de tout voir, tout écouter, on se laisse bercer par ce qui nous touche, nous attire, nous interroge. Un musée dans lequel on a plaisir à revenir pour en apprendre toujours plus sur l'esclavagisme, qui existe depuis la nuit des temps et continue de perdurer pour le plus grand malheur des Droits de l'Homme.

Visite du Mémorial ACTe Guadeloupe

Visite du Mémorial ACTe

Ouvert en 2015 à Pointe-à-Pitre, ce musée décline l'histoire de l'esclavagisme dans un espace moderne et remarquable face à la mer.
A partir de
7 €
Réserver

Toujours à Pointe-à-Pitre, ne manquez pas non plus le musée Victor Schœlcher. Ancien député de la Martinique, M. Schœlcher, est celui par qui l'abolition de l'esclavage arriva grâce au décret du 27 avril 1848. Pour lui rendre hommage, la ville de Pointe-à-Pitre lui a consacré un musée à l'architecture coloniale. Initialement, la collection était composée de bon nombre de porcelaines provenant de la manufacture de son père et d'objets personnels. Mais une grande partie fut détruite lors du passage d’un cyclone en 1928. Le musée a par la suite été enrichi de différents documents sur l'esclavage et de gravures du XVIIIe siècle.

© LPLT

S’enivrer avec le rhum antillais

Lorsqu’on est amateurs de spiritueux, on ne peut se rendre en Guadeloupe sans goûter au fameux rhum antillais. Pur ou aromatisé, le rhum est la boisson locale par excellence ! De bon matin, à l'apéritif, ou en fin de soirée, il se boit à toute heure de la journée et de la nuit. Il porte alors différents noms, comme par exemple le bien connu “ti-punch” de l'apéritif.

Aromatisé avec des fruits de la région, le rhum guadeloupéen se décline dans de nombreuses recettes.

- © ThomasLENNE / Shutterstock

Le rhum guadeloupéen est obtenu par fermentation du jus de canne à sucre. Environ 10 kilos sont nécessaires pour obtenir un litre de rhum. Afin de découvrir les différentes étapes de sa fabrication, de la récolte de la canne à sucre jusqu’à l’obtention du breuvage alcoolisé, rien de tel que d'aller visiter l’une des nombreuses distilleries de l'île. Des dégustations de plusieurs variétés de rhum et de punch y sont souvent proposées en fin de visite.

Bassin de brassage du rhum antillais dans une distillerie guadeloupéenne.

- © Marco Gazzato / Shutterstock

Où visiter une distillerie de rhum en Guadeloupe ?

Sur l’île papillon, la majeure partie des rhumeries se situent sur Basse-Terre. Du côté de Grande-Terre, seule la distillerie Damoiseau produit actuellement du rhum. 

Sur Marie-Galante en revanche, la canne à sucre règne en maître absolu. Elle recouvre l'essentiel des terres cultivables, et représente la majeure partie de l’activité économique. Sur place, trois distilleries ouvrent leurs portes aux touristes, dont celle du Père Labat, qui compte parmi les plus anciennes du monde encore en activité. 

Vibrer au rythme du carnaval

Le carnaval est l'une des fêtes populaires les plus importantes de la Guadeloupe, et sans doute l’une des plus colorées. Cet événement débute chaque année le dimanche de l'Épiphanie (en janvier) et se termine le mercredi des Cendres (fin février).

Ambiance de carnaval dans les rues de Pointe-à-Pitre.

- © Kaca Skokanova / Shutterstock

Il a été introduit sur l'île au 17e siècle par des Européens catholiques, désireux de s'amuser avant d'entamer le Carême. Aujourd'hui, différents événements viennent ponctuer les festivités : élection de la reine, parade du dimanche ou "grand vidé" en noir et blanc. Durant ces deux mois de fête, des groupes à pieds déguisés, suivis d'une foule joyeuse, défilent dans les rues au rythme des cuivres et tambours.

Le carnaval de Guadeloupe est un moment festif tant pour les touristes que pour les locaux.

- © Kaca Skokanova / Shutterstock

Où assister au carnaval de Guadeloupe ?

Le carnaval est une fête très appréciée des Guadeloupéens, qui le célèbrent dans tout l’archipel. Chaque dimanche, les festivités se déroulent dans une ou plusieurs communes de Guadeloupe, avec plusieurs changements d’une année sur l’autre. Deux dates sont cependant incontournables : le dimanche Gras, avec le passage de la grande parade dans les rues de Pointe-à-Pitre, et le mardi Gras, célébré en grandes pompes dans la commune de Basse Terre

Célébration du carnaval de Guadeloupe dans les rues de Basse Terre.

- © Olivier van Helden / Shutterstock

Se laisser porter par la musique

Fruits du brassage culturel, d'influences africaines, européennes, américaines, il est difficile d’imaginer la Guadeloupe sans musique ! Le gwoka, musique traditionnelle de l'île, est un rythme envoûtant jailli autrefois des tambours en bois des esclaves. Aujourd'hui, il raisonne durant le carnaval dans les rues investies par des danseurs qui se laissent emporter par le tempo saccadé des percussions. 

La musique guadeloupéenne est nourrie par des influences africaines, européennes, américaines.

- © kostkantomas / Shutterstock

Plus chaloupées, la biguine et le zouk ont fait leur apparition dans l’archipel dans les années soixante. Inspirée de la cadence, cette musique haïtienne qui associe gwo-ka et biguine a été “guadeloupéanisée” par le groupe Kassav.Parmi les instruments fréquemment utilisés par les musiciens, le **chacha **surprend toujours par sa singularité. Cet instrument, consistant en un cylindre métallique dans lequel est enfermé un peu de gros sel, de grains séchés ou de petits cailloux, distille une douce rythmique au zouk.

Peu connu en Europe, le chacha est un instrument de musique populaire en Guadeloupe.

- © Dereck Bridges

Où écouter de la musique antillaise en Guadeloupe ?

Impossible de parcourir la Guadeloupe sans entendre le son de la musique antillaise dans les rues. La plupart des restaurants et bars touristiques de l’archipel diffusent aussi des airs de gwoka et de zouk, autant appréciés des locaux que des touristes. 

Animation musicale dans les rues de Pointe-à-Pitre.

- © Solarisys / Shutterstock

Plusieurs établissements organisent aussi des soirées-concerts, notamment sur la plage de Malendure à Bouillante. Rendez-vous au restaurant Nouveau Couché de Soleil, ou encore Chez Loulouz, pour dîner en musique.

Du côté de Sainte-Anne, le festival Gwoka est organisé tous les ans au mois de juillet : musiciens et danseurs se réunissent alors dans la rue pour plusieurs jours de fête. Un événement à ne pas manquer !

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par SAKITAW 💃🏾 (@lifeofsakitaw)

Assister à un combat de coqs

Décrié par plusieurs associations de protection et de défense des animaux, le combat de coqs est aujourd’hui encore une tradition fermement ancrée dans la culture antillaise. En Guadeloupe, ces combats ont lieu de janvier à juillet. Chaque village ou presque possède son "pitt" ou gallodrome, sorte d’arènes où les gallinacés se battent, parfois jusqu'à la mort. 

Entraîné, massé, et nourri avec une alimentation riche en protéines, le coq de combat suit un régime digne d'un sportif de haut niveau. Autour de ces combats, les paris vont bon train. L'issue pour l'un des coqs peut être fatale, auquel cas il finira dans les assiettes... Âmes sensibles s’abstenir.

Le combat de coqs est une tradition antillaise encore très appréciée des locaux.

- © patarapong saraboon / Shutterstock
par Camille Fraschini
Besoin d'aide ? Consultez le guide
Guadeloupe
Guadeloupe
Dernières actus
France
À Tours et dans ses environs : 3 guinguettes incontournables où chiller et boire un verre en bord de Loire cet été
Ces villes font partie des plus agréables à vivre (elles ont été primées plusieurs fois)
Italie
Non, Bologne ne se résume pas à la sauce bolognaise ! Voici 5 spécialités culinaires dont les habitants raffolent
Grèce
On a repéré ce bon plan : direction la Crète pour 8 jours et 7 nuits, avec le vol et l’hébergement en pension complète à partir de 704 euros !
Toutes les actualités
Top destinations