Gérez votre stress en avion avec Air France
Publié le 01/01/2015 32 partages

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La compagnie Air France organise depuis plusieurs années des stages pour apprendre à gérer son stress en avion. L'objectif est avant tout d'avoir confiance en l'appareil et en son personnel de bord grâce à une meilleure connaissance du moyen de transport et de ses mécanismes.

L'avion, c'est à peine plus compliqué qu'un deltaplane, un avion ou un buzzer. Tous ont un point commun : celui de voler grâce à leurs ailes et à leur vitesse. Le planeur qui a de très grandes ailes peut voler à des vitesses très faibles. En revanche, l'avion de chasse qui a des ailes petites nécessite une grande vitesse pour voler. La règle d'or est la suivante : P = 1/2 D SV² Cz. Et oui, vous vous doutiez bien que les mathématiques y sont pour quelque chose dans la conception d'un avion. P est la portance, la composante verticale de la poussée de l'air qui s'exerce sur une aile d'avion, D la densité (masse/volume), S la surface, et Cz le coefficient. C'est ce théorème, appelé théorème de Bernoulli qui régit la capacité de l'avion à voler. Lors du décollage, la vitesse augmente, il faut donc, pour augmenter la portance de l'avion, augmenter la surface, ce qui se traduit concrètement par une ouverture des becs, des volets placés sur les ailerons. En vol, il faut diminuer la portance pour ne pas freiner, ainsi on referme les becs et les volets. Lors de l'aterrissage, pour augmenter la portance, la vitesse diminue, il est donc nécessaire d'ouvrir les becs et les volets pour augmenter la surface et par conséquent la portance. A savoir : les ailes d'un avion bougent de 7 m en moyenne et peuvent monter jusqu'à 18 m.

La peur de l'avion cache d'autres peurs

La peur de l'avion cache d'autres peurs
© DR

Chacun ses propres angoisses

Chacun ses propres angoisses
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Un avion plane pendant 45 minutes

Un avion plane pendant 45 minutes
© DR

Le stress, c'est quoi ? Un mécanisme d'adaptation qui stimule l'organisme. Les passagers qui ont peur de l'avion ont donc plus de difficultés à s'adapter à ce nouveau territoire qu'ils ne maîtrisent pas. Philippe Goeury, le psychologue du stage d'Air France, recommande donc de réduire les stresseurs avant le vol pour être dans les meilleures conditions possibles : bien dormir avant, être en forme, positiver, se détendre, remplir sa tête d'images positives, s'hydrater et manger à sa faim, mâcher du chewing gum pour décharger la tension...
Stagiaire, Laurence, âgée de 36 ans, n'a pris qu'une fois l'avion dans sa vie et cela s'était pourtant bien passé. Elle n'explique pas cette peur : « J'ai toujours eu peur de l'avion. Pourtant, mon mari voyage beaucoup. Ce qui m'angoisse le plus en fait, c'est d'être là haut pendant 12 heures. »
Gilbert, 43 ans, a lui également toujours eu une appréhension de l'avion, mais cette peur s'est largement accentuée depuis 10 ans, à la suite de turbulences sur un vol intérieur aux Etats-Unis. « Je n'étais déjà pas en forme, et il y avait beaucoup de turbulences. J'ai eu peur et avec les décalages horaires, j'étais perdu dans le temps, ne savais plus combien de temps de vol il restait, cela m'a paniqué. »

« Je me suis rendue compte techniquement comment un avion vole, les bruits de décollage ont été expliqués, je sais désormais qu'ils correspondent à des changements de régime. La conception d'un avion et l'organisation de son vol permettent d'éviter tout accident, même si l'avion n'est jamais à l'abri d'un événement extérieur», confie Olivia, 34 ans, elle aussi venue suivre le stage. Elle prend l'avion environ une fois par an, et ne sait expliquer sa peur depuis l'âge de 20 ans. Mais après le stage, elle relativise : « Un avion est en effet toujours à 1h30 au maximum de la terre, même quand il survole l'océan, puisqu'il passe au dessus d'îles et même si les moteurs ne marchaient plus en plein milieu du vol, l'avion plane et met 45 min pour descendre sur 245 km... J'ai aussi appris que l'avion volait dans la troposphère, la couche la plus basse de l'atmosphère qui atteint 11 km de hauteur au maximum, on n'est pas si haut en fait » sourit-elle. « Le stage m'a permis de relativiser. Ce fut efficace en ce qui me concerne, je vais réapprécier le décollage ».

Le simulateur vous attend pour la seconde partie du stage. Vous pourrez prendre la place du copilote ; confirmer les vitesses V1, Vr et V2 avec le commandant de bord. Vous ouvrirez les moteurs, ouvrirez les volets lors du décollage et ferez la même chose à l'aterrissage. V1 est la vitesse de décision, d'action au décollage qui correspond à 130 noeuds ; Vr est la vitesse de rotation, à laquelle on décolle et on rentre le train d'aterrissage pour avoir plus de vitesse : V2 est la vitesse de montée, atteinte à 1500 pieds, soit 300 m environ : on réduit la puissance des moteurs de l'avion (2 moteurs pour un A 320 et 4 pour un 747) pour garder la même vitesse, et on incline donc plus l'avion.

Attention, c'est parti, vous avez décollé, vous êtes en l'air ! Le moment dans le cockpit reproduit réellement les sensations que l'on éprouve dans un avion. On ressent les turbulences, le décollage, l'aterrissage comme dans un vrai avion. Cette méthode de simulation est vraiment efficace et complète bien toutes les explications données auparavant.
Après le stage, tous les stagiaires sont rassurés. « Je suis un décideur, explique Gilbert, j'avais besoin de connaître mieux l'avion et ses mécanismes. Je suis rassuré et vis beaucoup mieux mon départ en avion prévu bientôt. J'appréhende moins grâce à ces explications rationnelles. La séance dans le simulateur était géniale ». Quant à Laurence, elle concède que le stage a levé certaines peurs. « L'avion est fait pour ça. Les pilotes sont passionnés, ils nous ont rassurés, ils en parlent avec bonheur. Pour la première fois je me dis vivement mardi que je vois ce que c'est ! »
Nous les avons rappelé après leur voyage en avion. Le voyage s'est mieux passé que d'habitude et ils ont mieux apprivoisé leur appréhension, nettement diminuée grâce au stage.

C'est dans cette cellule que se déroule le stage, cela dure environ 2h dans un simulateur d'avion A 300. D'autres simulateurs comme le A 320 existent également au sein d'Air France mais ils servent à la formation, l'entraînement et le contrôle en ligne des pilotes. Le stage dure une matinée ou une après-midi et coûte 560 euros. Pour ceux qui veulent le refaire une seconde fois, la piqûre de rappel coûte 280 euros. Le stage a lieu à Paray-Vieille-Poste dans les bâtiments d'Air France.
A la fin du stage, Air France vous offre un livre intitulé « Comment ne plus avoir peur en avion », écrit par Noël Chevrier, le créateur du stage de gestion du stress, Marie-Claude Dentan, et Michel Polacco, éditions Le Cherche Midi.
Réservation du stage auprès d'Air France, par tél. : 01 41 56 47 56 ou par email : mail.antistress@airfrance.fr. Plusieurs dates de stage sont proposées par mois.

Les trous d'air n'existent pas !

Les trous d'air n'existent pas !
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Noël Chevrier est commandant de bord. C'est lui qui a créé ce stage il y a plus de dix ans chez Air France, le précurseur en la matière. Aujourd'hui, ce type de stages est aussi donné par Luftansa et d'autres compagnies.
Noël Chevrier désirait partager sa passion avec les passagers, leur donner les connaissances nécessaires pour qu'ils appréhendent mieux le vol. Il tenait également à ce qu'ils puissent vivre et comprendre un décollage et un atterrissage en allant dans le cockpit. Lors du stage, vous vivrez le métier de copilote, gérerez vous aussi les moteurs, les trains d'aterrissage...

La clé de l'aviation : la portance

La clé de l'aviation : la portance
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Chacun de nous a ses propres angoisses en prenant l'avion : la peur des turbulences, la peur du décollage, des pannes techniques, de mourir, d'être en l'air pendant plusieurs heures... Philippe Goeury, psychologue, explique lors d'un entretien téléphonique préalable au stage, que notre peur de l'avion est souvent liée à d'autres peurs qui nous sont propres. Il nous incite à mieux comprendre cette peur de l'avion et son origine.
Le psychologue reste disponible même après le stage, de la même façon que les commandants de bord, pour des questions psychologiques ou techniques. Selon lui, ceux qui ont peur de l'avion se classent en plusieurs catégories : les terriens, les décideurs, les anxieux, ceux qui ont vécu un choc émotif et ceux qui se cognent à l'espace. Des hommes et des femmes de toutes catégories sociales suivent ces stages. En effet, la peur de l'avion reste une peur partagée par de nombreuses personnes. Selon Philippe Goeury, « le manque de connaissances constitue aussi un facteur d'appréhension ». Et d'ajouter : « En effet, à la suite du stage, on voit que les personnes sont rassurées, connaissant mieux l'avion et ses mécanismes ».

Devenez copilote le temps d'une simulation de vol !

Devenez copilote le temps d'une simulation de vol !
© DR

L'efficacité de la séance dans le cockpit

L'efficacité de la séance dans le cockpit
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Lors du décollage, entre la vitesse V1, vitesse de décision, d'action au décollage (130 noeuds) et la vitesse Vr, vitesse de rotation, à laquelle on décolle et rentre le train d'aterrisage, on peut encore éviter de décoller. Ainsi, si il y a le feu au niveau du moteur, un signal sonne et clignote. Si Vr n'est pas déclenchée, il est encore possible de ne pas décoller. Sinon, on décolle et revient.

Noël Chevrier, précurseur des stages anti-stress

Noël Chevrier, précurseur des stages anti-stress
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Des systèmes d'alarme précis

Des systèmes d'alarme précis
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Le stage coûte 560 euros

Le stage coûte 560 euros
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