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Les rites de passage à travers le monde
Publié le 25/06/2016

SociétéBrésil

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Le rite de passage est un rite permettant de marquer les étapes de la vie et ainsi, d'apaiser l'angoisse de la condition mortelle de l'humain. Si certains rites tiennent plus de la cérémonie, certains sont beaucoup plus intenses et relèvent d'une véritable épreuve. Découvrez les différents rites de passage à travers le monde.

Dans notre société, le passage à l'âge adulte est généralement marqué par une bonne crise d'adolescence, où l'on se découvre, où l'on tape du pied, où l'on se rebelle contre notre univers. A travers le monde, ce moment particulier dans la vie de l'homme est souvent symbolisé par un rituel, allant de l'épreuve à la scarification. S'ils peuvent parfois paraître barbares, ils sont le reflet d'une culture, d'un peuple, d'une histoire et parfois d'une religion. Ils sont supposés aider l'âme à faire son chemin de la naissance jusqu'à la mort, et donc, assurer la vie après la mort.

Quand pour les filles il s'agit souvent de prouver qu'elles sont à présent prêtes pour le mariage, chez les garçons il faut généralement prouver sa force et son courage, afin d'intégrer le groupe des adultes et ainsi laisser l'enfance derrière soi. Des fourmis balle de fusil au Brésil, au saut à l'élastique au Vanuatu, ces rites de passages auront le mérite de marquer les esprits !

1 - Les fourmis chez les Satéré-Mawé, au Brésil

Chez les Satéré-Mawé, les jeunes garçons doivent prouver leur résistance pour pouvoir devenir des hommes. Ainsi, la tradition implique de glisser sa main dans un gant rempli de fourmis balle de fusil. Elles ne portent pas ce nom par hasard : leur piqûre est si douloureuse qu'elle est souvent comparée à la douleur infligée par une balle de fusil. Pendant 10 minutes, les jeunes garçons doivent conserver le gant et donc subir les piqûres terribles des fourmis. Après le temps réglementaire, certains des initiés se retrouvent avec une partie de la main, et parfois du bras, paralysés à cause du venin des fourmis. Certains tremblent pendant plusieurs jours après l'épreuve. Epreuve qui est par ailleurs renouvelée une vingtaine de fois pendant plusieurs années.

2 - Le limage de dents ou metatah, à Bali

Le limage de dents est une tradition ancestrale à Bali, qui concerne aussi bien les garçons que les filles. Il n'y a pas d'âge précis pour procéder au limage des dents, mais généralement, les jeunes balinais le font entre 6 et 18 ans, avant le mariage. Cette opération dentaire est transformée en véritable cérémonie sur l'île indonésienne et les familles ne lésinent pas sur les moyens pour en faire une fête fastueuse. Appelée metatah, cette cérémonie a pour but d'effacer ce qui se rattache au mal dans l'esprit du balinais, à savoir ici, les canines pointues.

3 - La scarification chez les Kaningara, en Nouvelle-Guinée

C'est probablement l'un des rites de passage les plus violents et les plus douloureux qui existe. Les garçons qui souhaitent devenir des hommes doivent passer par plusieurs semaines de véritable torture. Dès le début du rite, on fait des incisions assez profondes sur tout leur corps et notamment dans leur dos. Les cicatrices ressembleront à la fin à une peau de crocodile. Pendant la phase de cicatrisation, les jeunes sont soumis à des humiliations quotidiennes, afin de leur rappeler leur place dans la société. A la fin du rite, les garçons sont censés être plus fort mentalement et physiquement.

4 - Le saut du gol chez les Saa, au Vanuatu

Les Saa sont un peu les inventeurs du saut à l'élastique, sans élastique. Sur l'île de Pentecôte, les membres de la tribu construisent une tour de bois de 20 à 30 mètres de haut, appelée gol. Les jeunes garçons doivent sauter du haut de la tour afin de devenir des hommes. Une liane est attachée à leur cheville pour assurer leur "sécurité". Bien entendu, le risque d'accident est extrêmement élevé. Chaque année, les anciens et les plus jeunes sautent du haut du gol dans l'ordre suivant : les moins expérimentés d'abord, les plus expérimentés ensuite. La mère des jeunes qui effectuent leur premier saut tiennent entre leur main un objet cher à leur fils. Une fois le saut effectué, l'objet est jeté et oublié, marquant la fin de l'enfance.

5 - Le fouet et le tatouage chez les Fulani, au Bénin

Chez les Fulani, le rite de passage n'est pas le même pour les garçons et les filles. Pour les garçons, il s'agit d'un combat au fouet. Les villages alentours possèdent le même rite de passage. Ainsi, ils se réunissent et deux jeunes garçons de villages différents doivent s'affronter. Chacun doit recevoir trois coups de fouet de son adversaire. Celui qui frappe le plus fort et qui montre le moins de faiblesse quand il est frappé remporte le combat et devient un homme aux yeux de la tribu. Chez les filles, l'initiation est tout aussi douloureuse. Elles doivent en effet être tatouées sur le visage, de manière traditionnelle. Pendant plusieurs heures, l'artiste se charge, à l'aide d'une aiguille, de faire pénétrer l'encre sous la peau. Si la jeune fille pleure ou ne supporte pas la douleur, la fin du tatouage est remis à plus tard, quand elle sera vraiment prête à devenir une femme.

6 - Le sang chez les Matausa, en Papouasie-Nouvelle-Guinée

Devenir un homme chez les Matausa est une expérience des plus douloureuses. Si les jeunes garçons ne sont pas assez courageux pour le faire, ils ne seront jamais perçus comme des vrais hommes et beaucoup moins attirants aux yeux des femmes. Afin d'être forts et courageux, les jeunes doivent donc passer par ce rituel en trois étapes. Il s'agit en réalité de se purifier et notamment de tout ce qui touche à la femme. Pour eux, il faut donc éliminer la femme de leur corps, et elle se situerait dans leur sang. D'abord, les hommes doivent s'enfoncer de très longs morceaux de bois dans la gorge, pour vomir le plus possible. Ensuite, ce sont des feuilles en forme de cônes qui sont insérées dans leur nez, le plus loin possible. Du sang et du mucus en ressorte. La dernière épreuve est probablement la plus douloureuse : à plusieurs reprises, une petite flèche très pointue est tirée sur la langue des initiés. De retour au village après s'être nettoyés dans la rivière, les garçons sont devenus des hommes.

7 - L'Ukuli chez les Hamar, en Ethiopie

7 - L'Ukuli chez les Hamar, en Ethiopie
© Ilia Torlin / 123RF

Chez les Hamers, en Ethiopie, le passage à l'âge adulte est une démonstration de force. Pour devenir des hommes, pouvoir posséder un troupeau et choisir une épouse, les garçons doivent montrer leur force et leur habilité. Ils sont donc censés sauter par dessus un troupeau de vaches alignées lors de la cérémonie de l'Ukuli. Ils doivent faire l'aller-retour quatre fois sans chuter avant d'être déclarés hommes.

8 - La chasse chez les Matis, au Brésil

La vie des Matis est régie par la chasse et la pêche. Ainsi, les jeunes garçons, afin de devenir des hommes, doivent passer par un rite en rapport avec la chasse. Il est composé de quatre étapes. En premier lieu, les initiés doivent améliorer leur vision. Pour ce faire, on leur injecte dans les yeux du jus de plante amère. Puis, c'est leur endurance qui est testée : ils sont fouettés avec des bâtons. Vient ensuite l'épreuve du poison de grenouille, qu'on leur injecte. Enfin, et c'est la dernière étape, les garçons doivent subir la piqûre de différentes plantes urtiquantes. Après ces épreuves, ils sont considérés comme des hommes et surtout, ils sont considérés comme capables d'aller à la chasse avec les autres membres de la tribu.

9 - Le wysoccan chez les Algonquins, au Canada

Les Indiens Algonquins, originaires du Canada, pensent que, pour devenir un homme, il faut oublier son enfance. Et pour ce faire, les tribus avaient une méthode particulière. Pendant une vingtaine de jours, les garçons étaient emmenés à l'écart de leur famille et étaient nourris exclusivement de wysoccan, un mélange de plantes aux pouvoirs hallucinogènes très forts. Ainsi, le garçon, en plus des visions, oubliait peu à peu son enfance. Le wysoccan pouvait aussi mener à la mort du jeune initié, ou ce dernier ne pouvait pas toujours recouvrer ses esprits. Ceux qui survivaient étaient alors considérés comme des hommes.

10 - Le mukanda dans les communautés Vaka Chiyama Cha Mukwamayi en Zambie

Le mukanda concerne les jeunes garçons âgés de 8 à 12 ans. Pendant un à trois mois, ils sont isolés de leur village et de leur famille et habitent ensemble dans la savane. Cette période est l'occasion d'épreuves de courage, des leçons sur leur rôle de mari et de père et d'une circoncision. Pendant toute l'initiation, on leur attribue un personnage masqué qui va les accompagner tout au long de leur séjour. A la fin de l'initiation, ils se rendent au village et procèdent à une mascarade, la mascarade des makishi, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. Aujourd'hui, en général, le mukanda ne dure pas plus d'un mois, pour s'adapter au calendrier scolaire.

A présent que vous savez ce que doivent subir certaines personnes pour passer à l'âge adulte, vous devez vous estimer très heureux avec votre petite crise d'adolescence !

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