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La vie dans un cratère du Cap-Vert
Publié le 07/01/2019

EnvironnementCap-Vert

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Sur l'île de Fogo, au Cap-Vert, le volcan Pico do Fogo est le seul volcan actif de l'archipel. Sur son territoire, des habitants, des terres fertiles et un cratère, qui risque à tout moment de se mettre en colère. La dernière éruption remonte à 2014, mais la population vit dans la peur constante d'une nouvelle catastrophe.

 

 
© Joaquín Álvarez/123RF

Le volcan de Pico do Fogo, surnommé aussi le "Grand Homme" est né il y a maintenant 73 000 ans, de l'affaissement d'un cône volcanique. Malgré ses terribles colères, il ne dort toujours pas. Pourtant au coeur de la caldeira de ce volcan, à 1700 mètres d'altitude, vivent près de 400 habitants, prêts à affronter tous les dangers.

En 500 ans, il provoque 28 éruptions, qui font des dégâts principalement matériels. Le Pico do Fogo est alors le seul volcan encore actif sur l'archipel.

Le réveil de 2014

Tout commence le 23 novembre 2014, vers 21h. Le volcan commence à gronder. Peu à peu les coulées de lave dévalent les chemins, prennent de la vitesse et traversent les villages, détruisant tout sur leur passage. Le 19 décembre, la descente de lave se calme mais en janvier 2015, l'activité explosive reprend et coulées de lave et cendres se propagent. Le 8 février 2015, le "Grand Homme" se rendort enfin, laissant derrière lui de nombreux dégâts.

Un lourd bilan

Les coulées de lave ont tout dévasté sur leur passage : plantations, habitations et infrastructures. Deux villages ont été entièrement engloutis : Portela et Bangaeira. Fort heureusement, les habitants, prévenus par les autorités, ont pu être évacués à temps. Néanmoins, la perte de Portela et Bangaeira reste dans les mémoires.

 

Les habitants prévenus par les autorités, ont pu être évacués à temps. Néanmoins, la perte de Portela et Bangaeira reste dans les mémoires. Certains ont tout perdu : leur maison, leurs souvenirs mais plus particulièrement leur identité territoriale.

Des habitants fidèles à leur village

Malgré l'éruption de 2014, 400 habitants reviennent sur leurs terres et bravent tous les risques. Mais pourquoi rester ? Pour profiter des terres fertiles que proposent Fogo. Là-bas, tout pousse sans irrigation. Rosée, brouillard et givre abreuvent naturellement les terres et permettent une bonne agriculture.

Quitter Fogo protègerait les habitants des éruptions mais s'ils partent ils seraient confrontés à un autre risque: la pauvreté. Sur l'île de Fogo, ils peuvent cultiver les vignes, les arbres fruitiers, les céréales et même élever des chèvres qui produisent de l'excellent lait. Leur départ causerait leur perte financière. Vivre dans le risque ou la pauvreté ? Ils ont fait leur choix.

Pico do Fogo dort actuellement mais pour combien de temps encore ?