Venise autorise à nouveau les bateaux de croisière
Publié le 25/03/2014 7 partages

EconomieItalie

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Les canaux de Venise ont presque tous l'âge de la cité, 1000 ans. Bien que rénovés plusieurs fois au fil des siècles, ils demeurent très fragiles et parfaitement inadaptés aux paquebots gigantesques de notre époque. Les plus imposants dépassent les bâtiments de la ville en hauteur comme en largeur. Une invasion visuelle qui n'est pas du goût de tout le monde.

© Eric Middelkoop / age fotostock

L'étroitesse des canaux anciens n'est pas adaptée au passage de si gros navires.

Les canaux de Venise ont presque tous l'âge de la cité, 1000 ans. Bien que rénovés plusieurs fois au fil des siècles, ils demeurent très fragiles et parfaitement inadaptés aux paquebots gigantesques de notre époque. Les plus imposants dépassent les bâtiments de la ville en hauteur comme en largeur. Une invasion visuelle qui n'est pas du goût de tout le monde.

Godzilla est un navire

Les photos qui mettent en lumière l'entrée d'un bateau de croisière dans le canal de la Giudecca sont impressionnantes. La ville apparait miniature, menacée par ce monstre de ferraille blanche.

Pour les écologistes, supprimer les bateaux des canaux vénitiens était à la fois une priorité autant environnementale qu'esthétique.

Le gouvernement a répondu en janvier dernier par une loi dont le but principal était de filtrer le passage des bateaux et interdire ceux dépassant les 96 000 tonnes. L'interdiction devait entrer en vigueur en novembre 2014. Pour le moment, seul le filtrage a été mis en pratique.

Les profits avant tout

Si les écologistes se sont réjouis de voir la ville enfin protégée, les professionnels du tourisme, eux, ont fait grise mine.

La Place Saint-Marc est une visite particulièrement prisée des itinéraires en croisières, désormais privées de leur halte spéciale.

De plus, certaines villes industrielles de la province de Venise, comme Porto Marghera, ont besoin des bateaux de croisière pour subsister. La disparition des croisiéristes pourrait à long terme avoir des retours désastreux sur leurs recettes.

Par conséquent, le heurt économique potentiel a finalement eu raison des considérations écologiques du gouvernement. Depuis janvier 2014, près de 20% des bateaux ont déjà été « interdis de séjour » dans le bassin vénitien. C'est proportionnellement 20% de bénéfices touristiques en moins. Après les dégradations engendrées par les violentes tempêtes des mois précédents, la ville de Venise ne peut se permettre de perdre davantage d'argent.

De fait, le bannissement vient d'être levé, et la loi abrogée. Motif officiel : les inquiétudes des écologistes sont infondées, il n'y a, à l'heure actuelle, aucune preuve tangible de dégâts éventuels causés par les navires.

Les écologistes, mécontents de ce désengagement soudain, ne désespèrent pas de trouver une solution pour épargner la ville et la Place Saint-Marc. L'idée de créer une route spéciale pour les gros bateaux, et ainsi préserver les anciens canaux, a été envisagée mais pas encore approuvée.

Pour le moment, seule une suspension « temporaire » a été accordée. Le texte devrait être réexaminé en Juin.

Un retour à la République Vénitienne ?

Un comité de Vénitiens très insatisfaits de l'inconstance du gouvernement, a d'ailleurs fait savoir qu'il était prêt à user d'un référendum pour se séparer de l'Italie et redonner à Venise l'indépendance qu'elle avait perdu face à Napoléon en 1797. Selon un sondage, le comité serait soutenu par 60% des habitants.