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USA : quelles sont les pistes pour mettre un terme au fléau des armes à feu ?
Publié le 15/09/2019 , Modifié le 30/09/2019

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Touchés chaque année par une centaine de fusillade, les États-Unis se divisent en deux camps : ceux qui souhaitent renforcer le contrôle des armes à feu et afin de pousser le Congrès à mettre un terme au laxisme meurtrier; et ceux qui souhaitent plutôt maintenir ce statu quo, qui renforce le nombre d'homicides et de suicides par arme à feu dans le pays. Point sur la situation.

 

 
©Mariusz Blach / 123RF

Chaque année, des fusillades ont lieu aux États-Unis. Comme après chaque tuerie, le questionnement du port d'armes est remis en cause. Plusieurs voix se sont fait entendre pour mettre à disposition un encadrement plus strict sur les armes à feu, comme Chris Murphy, sénateur démocrate du Connecticut. Ce dernier n'avait pas mâcher ses mots en demandant au Congrès de se "bouger les fesses". Il faut dire que le lobby des armes a réussi à prendre du terrain et a littéralement s'implanter dans la culture américaine, avec à la tête la célèbre National Rifle Association (NRA).

Un puissant lobby en place

Ce lobby des armes serait-il le plus puissant au monde ? Créée en 1871, l'association est l'une des plus vieille association de défense des droits civiques des Etats-Unis. Elle est aussi en tête du lobby pro-armes à Washington et dépense des millions de dollars par an auprès des membres du Congrès. Pourquoi ? pour qu'aucune législation sur le contrôle des armes soit abordée ou qui ne puisse recevoir un accueil positif. La NRA, présidée depuis 2015 par Allan D. Cors, un homme d'affaires républicain, compte environ 5 millions d'adhérents, dont certains sont des célèbrités comme Chuck Norris ou Whoopi Goldberg.

Comment réussit-elle à vivre ?

Pour s'assurer le soutien du Congrès, la NRA et d'autres associations de défense du port d'arme donnent plusieurs millions de dollard en lobbying. Un gros boom a eu lieu après l'accession au pouvoir de Barack Obama. On compte entre 2009 et 2013, des dépenses à environ 500 000 millions. Le budget de cette association ne cesse d'augmenter puisqu'en 2015, elle dépense plus de 3,5 millions de dollars en activité de lobbying, un véritable record.

Quelques pistes pour en arriver à bout ?

254. C'est le nombre de fusillades de masse qui ont eu lieu aux États-Unis en 2019. Ces chiffres glaçants relancent l'éternel débat sur le contrôle des armes à feu aux États-Unis. Plusieurs propositions refont surface et font débat afin de régulariser le contrôle du port d'armes.

Interdire les fusils d'assaut ?

Interdire les fusils d'assaut ?
© Pop Nukoonrat / 123RF

Les fusils d'assaut sont des fusils automatiques ou semi-automatiques, souvent équipés d'un chargeur avec une grande capacité. Ce type d'armes est le plus souvent utilisé lors des tueries en masse et est aussi la plus meurtrière. Lors de la fusillade en 2019 à Dayton en Ohio, l'assaillant a fait 9 morts et a blessés 27 personnes en seulement 32 secondes ! Cette arme avait déjà fait l'objet d'une interdiction avec la loi "Federal Assault Weapons Ban" decrété par Bill Cliton en 1994. Le Congrès ne l'a cependant renouvelée en 2004, malgré les demandes de Barack Obama. Et, il semblerait que cela ne soit pas la priorité pour le président actuel. A contrario, environ 70% des Américain sont pour une interdiction de cette arme selon le sondage de Politico.

Vérification plus stricte des antécédents

Après chaque fusillade ressort également le sujet de l'"universal background check", soit la vérification des "antécédents" pour tous. Cette proposition de loi permettrait d'interdire l'achat d'une arme aux mineurs, aux fugitifs, aux sans-papiers, aux toxicomanes, aux personnes ayant des troubles mentaux ou ayant des antécédents de violence domestique. Cette interdiction est obligatoire seulement dans les armureries agréées mais pas pour les achats en ligne ou entre particuliers. Donald Trump semble plutôt être sensible à cette interdiction depuis les tueries d'El Paso et de Dayton. Il a indiqué : "je ne veux pas mettre des armes dans les mains de gens mentalement instables, ou enragés, ou haineux, de gens malades."

Les ordonnances restrictives

Appelées "red flag laws", ces lois permettent aux forces de l'ordre et à la famille de demander une ordonnance restrictive pour confisquer ou interdire temporairement l'accès à des armes à une personne qui présente une menace pour elle-même ou pour les autres. Au total, environ 17 États et le district de Columbia peuvent jouer la carte "red flag laws". Le seul bémol : cette loi n'a pas un impact immédiat puisqu'un juge doit prendre une décision à l'issue de deux tribunaux.