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En 50 ans, près de 3 milliards d'oiseaux ont disparu en Amérique du Nord
Publié le 19/10/2019

EnvironnementEtats-Unis

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Constat alarmant. On estime en 2019 que près de trois milliards d'oiseaux ont disparu dans tous les habitats, même les oiseaux de basse-cour aux États-Unis et au Canada. Depuis 1970, cette faune aviaire a décliné de 29% selon une étude publiée le 19 septembre dans la revue Science. Cette perte ne concerne pas seulement les espèces rares et menacées mais inclut aussi les espèces communes et répandues et qui sont considérées comme des maillons dans l'écosystème.

 

 
© ??????? ??????? / 123RF

Pics vert, hirondelles, ou bien moineaux... Des oiseaux chanteurs aux oiseaux migrateurs, l'inventaire des pertes est long. Aux États-Unis et au Canada, les populations d'oiseaux diminuent considérablement depuis 1970, selon une étude publiée et dressée par Ken Rosenberg, du Cornell Lab of Ornithology, dans la revue Science. On estime que cette perte s'élève à 29%, soit près de trois milliards d'oiseaux en moins sur la planète. Plus étonnant : cette perte ne concerne pas particulièrement les espèces menacées puisqu'on observe un déclin généralisé chez toutes les espèces même les plus communes. Au total, la liste dresse douze familles d'oiseaux qui disparaissent.

Selon Ken Rosenberg, l'auteur de cette étude : " de multiples sources de données indépendantes montrent une réduction massive de l'abondance des oiseaux. Nous nous attendions à ce que le déclin des espèces menacées se poursuive. Mais pour la première fois, les résultats ont également montré des pertes généralisées parmi les oiseaux communs dans tous les habitats, y compris les oiseaux de basse-cour. La recherche a montré que les oiseaux sont généralement des indicateurs de la qualité de l'environnement. Tout comme pour les canaris dans les mines, ces décès indiquent que les écosystèmes des États-Unis et du Canada sont gravement touchés par les activités humaines."

Selon l'étude, certains déclins sont plus marqués que d'autres comme les oiseaux des prairies. Ces derniers ont subi une réduction de leur population à hauteur de 53 %, soit plus de 720 millions d'oiseaux depuis 1970. Il est de même pour les oiseaux de rivage qui ont quant à eux perdu plus d'un tiers de leur population. Le volume de migration printanière a également chuté de 14% durant les dernières décennies. Et si l'activité humaine en était la cause ?

Quelles sont les causes de ce déclin ?

Bien que cette étude ne se soit pas penchée sur les causes de cette perte massive d'oiseaux en Amérique du nord, elle a constaté cependant qu'elle reste cohérente par rapport aux données ailleurs sur la planète. Ainsi, elle suggère que plusieurs facteurs concourent à une baisse de la reproduction et une augmentation de la mortalité des oiseaux. L'étude démontre aussi que le principal facteur de l'origine de ce déclin pourrait être la perte et la dégradation généralisées de l'habitat des oiseaux, notamment avec l'intensification de l'agriculture et de l'urbanisation.
Rachel Carson a établi un lien entre les influences humaines et l'extinction des oiseaux, en examinant les effets négatifs du pesticide dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT). Le DDT a été le premier pesticide synthétique moderne, populaire après la Seconde Guerre mondiale pour lutter contre les moustiques et autres insectes. Elle précise aussi que le pesticide remonte dans les chaînes alimentaires. Le DDT s'est accumulé inexorablement dans les tissus, les organes et la graisse des prédateurs supérieurs comme les faucons pèlerins, les balbuzards, les pygargues à tête blanche et les pélicans.

Et vos chats dans l'histoire ?

Quelques espèces s'en tirent un peu mieux, comme les rapaces et la sauvagine (canard, oie, cygne). Ces derniers étaient d'ailleurs une espèce menacée il y a environ 50 ans, aujourd'hui, elle connaît un net regain, grâce à diverses actions de conservation. Plusieurs milliards de dollars ont été investis dans la réhabilitation des zones humides, qui servent d'habitat pour ces animaux. Des stratégies similaires pour d'autres espèces pourraient prévenir l'effondrement de l'avifaune nord-américaine, comme par exemple la diminution de l'usage des pesticides liés à la perte de la biodiversité chez les insectes (principaux aliments des oiseaux), et les chats domestiques qui sont aussi responsables de la mort, par prédation, de millions d'oiseaux chaque année.