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En Thaïlande, un village bientôt rayé de la carte, son temple cerné par les eaux
Publié le 20/04/2019 240 partages

EnvironnementThaïlande

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En Thaïlande, le temple bouddhiste de Samut Chin est désormais cerné par les eaux. Autrefois, situé au coeur du village, il est aujourd'hui menacé par l'érosion côtière de plus en plus importante dans cette région. Les moines du temple refusent de partir et cherchent des solutions.

 

 
© nlinnlin/123RF

Au sud de Bangkok, Ban Khun Samut Chin, était, il y a trente ans, un village de pêcheurs thaïlandais. A présent, presque entièrement immergé, de ce joli village, il n'en reste que le temple bouddhiste qui semble flotter sur l'eau. La mer avance et le village pourrait être bientôt rayé de la carte.

Il y a quelques années, quand l'eau a commencé à monter et à ronger les terres, les habitants du village ont fuit et déménagé leurs maisons plus loin. Mais les derniers habitants, les moines du temple, refusent de partir. " Si on déplaçait aussi le temple, les gens ne sauraient pas qu'il y en avait un ici ", explique le moine Somnuek Atipanyo.
Ces dernières années, les moines ont dû élever le plancher du temple de près de deux mètres pour pouvoir continuer à prier. Aujourd'hui, ils espèrent pouvoir contrer la mer grâce à la plantation de mangroves, considérées comme des " bio-boucliers " qui ralentissent l'élévation du niveau de l'eau.

Cette forte montée des eaux s'explique, selon les climatologues, par le réchauffement de la planète et la fonte des glaciers qui augmentent le niveau de la mer mais surtout par la disparition des mangroves fragilisées par la déforestation et la pollution. " Les zones dégradées les plus importantes se trouvent en Asie du Sud-Est, qui représente 40 % des pertes globales et 60 % des dégradations ", souligne le rapport Mangrove Restoration potential.

"C'est très effrayant et stressant", a déclaré le chef de village Samorn. En Thaïlande, on parle de plus de 700 kilomètres, un quart de l'ensemble du littoral, menacés d'être engloutis sous les eaux. Selon une étude publiée dans la revue Nature en 2018, entre 1984 et 2015, l'érosion côtière représente 28 000 km² de terres disparues dans le monde, l'équivalent de la Bretagne. En effet, sur quarante kilomètres, la terre recul de plus de cinq mètres par an.