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Saumur : faut-il s'inquiéter de la contamination radioactive anormalement élevée de la Loire ?
Publié le 25/06/2019

SantéFrance

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Le mardi 18 juin, toute la France se souciait de l'état de santé du village de Saumur, en Maine-et-Loire. D'après une association, la Loire aurait depuis quelques mois une contamination radioactive anormalement élevée dans cette zone-là. Le chiffre étant bien au-dessus du niveau d'alerte, faut-il s'en inquiéter ?

 

 
©Travelling Light/123rf

Première chose à savoir, et non des moindres, le village de Saumur ne jouit pas de la position la plus idéale pour être épargné de la contamination radioactive car 5 centrales nucléaires sont situées à proximité de celui-ci. Et la Loire, qui passe par là, est la première victime de ces usines. Résultat, la " présence de tritium y est systématique aussi bien dans le fleuve que dans les eaux de consommation ". Si cette annonce n'est pas une surprise, en revanche, celle du 18 juin concernant une étude réalisée en janvier en a alarmé plus d'un.

Selon le Collectif Loire Vienne Zéro dans son bilan relatif à l'évolution de la radioactivité dans les cours d'eau et eaux de consommation, la concentration en tritium générait une activité de l'ordre de 310 becquerels par litre en janvier 2019 (informations recueillies par l'Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest). Or, cette valeur semble ne pas satisfaire les membres de cette association qui estiment que les habitants de Saumur " devraient avoir droit à une eau non contaminée ".

Un incident ? Une donnée à regarder de près ? Une enquête est réclamée afin de connaître l'origine de ce taux de tritium, au-dessus de celui fixé par l'Union Européenne (100 becquerels) en ce qui concerne le niveau d'alerte. A noter toutefois que ce niveau d'alerte ne correspond pas à une limite sanitaire : c'est une mesure à partir de laquelle il faut juste commencer à se poser des questions. " Le code de la santé publique fixe une référence de qualité de 100 Bq/L pour le tritium, qui ne représente pas une limite sanitaire mais un seuil qui, lorsqu'il est dépassé, entraîne une investigation complémentaire pour caractériser la radioactivité de l'eau " explique l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

 

 
© Ian Pitt/123RF

La seule conclusion à faire est donc celle-ci : il n'a y finalement pas de danger pour la santé. A titre d'exemple, il faudrait boire plusieurs dizaines de litres d'une eau du robinet à quelque 300 Bq/L de tritium par jour, pendant un an, pour être exposé à des radiations équivalentes à une radio du thorax.

Néanmoins, les recherches vont être poursuivies afin d'examiner plus en profondeur l'éventuelle toxicité du tritium. A ce jour, il n'existe pas encore de donnée fiable quant aux éventuels effets cancérigènes de celui-ci. A l'Autorité de sûreté nucléaire de conclure : " il n'y a pas de risque pour l'environnement ni pour le public ". Que tout le monde se rassure alors !