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Russie : à la conquête nucléaire de l'Arctique avec la première centrale flottante
Publié le 14/09/2019

EnvironnementRussie

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La Russie ne se repose pas sur ses lauriers. Motivée à tirer profit de la fonte des glaces du Grand Nord, elle a lancé fin août sa première centrale nucléaire flottante, depuis Mourmansk. Objectif de ce projet : fournir l'énergie nécessaire aux plateformes d'extraction pétrolière et gazière de l'extrême nord du pays. Si cette dernière espère exploiter les grandes réserves pétrolières, les écologistes jugent que cette initiative est risquée.

Portant le nom d'un génie russe du XVIIIe siècle, Mikhail Lemonosov, l'Akademik Lemonosov en Russie, centrale nucléaire d'un nouveau genre, s'est lancé sur les eaux de la mer de Barents. À son bord, deux réacteurs d'une puissance cumulée de 70 mégawatts, capables d'alimenter une ville de 100 000 habitants.

Flottant pendant environ 4000 miles, cette centrale nucléaire, de 140 mètres de long pour 30 mètres de large, fera le tour du cercle polaire arctique et atteindra le port de Pevek. Après plusieurs tests sur ce port, l'agence fédérale, Rosatom, chargée du développement du nucléaire en Russie, espère trouver les ressources nécessaires afin de fournir de l'énergie aux nouvelles plateformes d'extraction pétrolières et gazières. En effet, ces dernières sont souvent éloignées des réseaux d'électricité dans le grand nord russe.

La sécurité remise en question

La sécurité remise en question
© sikaraha / 123RF

Lors de sa création, il y a 10 ans, cette centrale nucléaire flottante avait déjà été remise en question et apportait des craintes auprès des défenseurs l'environnement. Cependant, l'agence assure que sa centrale flottante est résistante et peut contrer des vagues de 7 mètres de hauteur. Elle affirme aussi que le système de refroidissement des réacteurs peut fonctionner en totale autonomie pendant 24 heures.

Selon Greenpeace, ce ne sont que des théories. L'organisme pointe du doigt l'absence de véritables protections bétonnées comme pour les centrales "terrestres". Les écologistes craignent aussi que la livraison future de prototypes à des pays dont les normes de sécurité peuvent être aléatoires.