Publié le 09/08/2020 (Modifié le 04/09/2020)

#Train #France

Les trains de nuit n'ont pas dit leur dernier mot

"Mettre l'accent sur les liaisons ferroviaires nocturnes", telle est l'une des promesses d'Emmanuel Macron dans le cadre de sa politique de transition écologique. Alors que l'on dénombrait une douzaine de trains de nuit il y a 10 ans, aujourd'hui seules deux lignes subsistent sur le territoire. Or, la demande semble forte du côté des voyageurs qui misent sur un mode de transport plus économique et plus écologique. Reste à définir une stratégie de relance pour rendre l'offre de nuit efficace.

Vers un renforcement de l'offre en France ?

Vers un renforcement de l'offre en France ? © grispb / 123RF

Le gouvernement doit rendre d'ici à la fin de l'été au Parlement un rapport sur l'avenir des trains de nuit. Manque de viabilité économique, essor du TGV et des vols à bas prix, ces derniers étaient jusqu'à présent délaissés par les autorités. Seules deux lignes nocturnes intérieures restent actives actuellement sur le réseau SNCF, contre une douzaine il y a 10 ans ! Depuis la gare parisienne d'Austerlitz, elles désservent Toulouse et les Pyrénées pour l'une, et les Alpes du Sud pour l'autre. S'ajoutent à cela le Paris-Venise exploité par l'Italien Thello et le Paris-Moscou et le Nice-Moscou assurées par la compagnie russe SZD.
Cependant, l'offre bénéficie d'un regain d'intérêt. Du côté des pouvoirs publics, il s'agit en effet de mettre l'accent sur ces liaisons dans le cadre de la politique de transition écologique. Mais l'ouverture à la concurrence, entérinée par la réforme ferroviaire de 2018, permet déjà à de nouveaux acteurs de se positionner sur le créneau. En France, c'est le cas notamment de Railcoop, petite Société civile d'intérêt collectif basée dans le Lot.

Les voyageurs en demande

Selon une enquête de Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut) quant au regard des voyageurs sur l'offre ferroviaire nocturne : le gain de temps est un avantage non négligeable pour 83,8 % des répondants. Autres intérêts : l'économie d'une nuit d'hôtel et l'utilisation d'un mode de transport moins polluant, entre autres. Le prix restant le critère numéro un dans le choix des transports, l'étude indique que le coût d'un trajet en siège inclinable doit se situer entre 20 et 30 euros, une couchette 50 à 60 euros, et jusqu'à 150 euros pour une voiture-lit privative.
Chez nos voisins européens, le mouvement est déjà lancé. La compagnie autrichienne ÖBB fait désormais circuler les lignes abandonnées par la Deutsche Bahn en Europe centrale, sous sa marque Nightjet. Les premiers prix sont fixés à moins de 50 euros. Autres exemples avec la Suède et la Finlande qui ont investi massivement dans leur réseau et leur matériel, ou encore, au Royaume-Uni avec la compagnie privée Caledonian Sleeper.
Pour l'heure, l'exécutif semble aller dans le sens de cette demande avec la réouverture de deux lignes à compter de 2022, à savoir Paris-Nice et Paris-Tarbes. Dossier à suivre donc à la fin de l'été, avec la remise du dossier au Parlement.

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