Des dizaines de milliers de ruines Mayas découvertes au Guatemala
Publié le 10/10/2018 290 partages

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Au nord du Guatemala de nouvelles recherches effectuées grâce à un avion sonar ont permis de découvrir un réseau de plusieurs milliers de ruines mayas reliées entre elles. Encore inconnu hier, ce réseau renforce la théorie scientifiques selon laquelle cette civilisation complexe possédait des compétences supérieures à n'importe quelle autre à cette époque.

Le site de Naachtun

Le site de Naachtun
© softlight69/123RF

Bien caché sous la végétation extrêmement dense du nord du Guatemala, un réseau de plusieurs dizaines de milliers de ruines de la civilisation Maya a été révélé grâce à une collaboration internationale de chercheurs et un système de lidar (télédétection aéroportée). Les premiers résultats de la recherche viennent d'être publiés dans la revue Science et sont tout bonnement incroyables.

Alors que la civilisation Maya est d'ores et déjà l'une des plus complexes, elle est en passe de nous révéler de nouvelles indications quant à son système de réseau entre les différentes villes. Entre le Mexique et le Guatemala, royaume des Mayas il y a un peu plus de 2000 ans, des preuves des avancées culturelles et scientifiques de ce peuple ont été retrouvé mais les chercheurs le savent, ils leur restent encore beaucoup à découvrir.

La forêt dense du Guatemala

La forêt dense du Guatemala
©Hugo Brizard/123RF

Afin de mettre à jour leur réseau de communication et découvrir de nouvelles ruines, les scientifiques ont utilisé un lidar, une sorte d'avion téléguidé qui, grâce à des milliers d'impulsions lumineuses à la seconde, permet d'obtenir et mesurer les reliefs des zones étudiés avec une minutie parfaite. Ensuite, coupler à un système GPS, il est facile de retrouver les lieux par voies terrestres. Avec ce système, les chercheurs ont pu déterminer que le territoire maya s'étendait sur plus de 324 000 km². Pour le moment, « seulement » 2144 km² ont pu être explorés jusque dans les recoins, ce qui reste un record pour la zone maya.

C'est donc une découverte extraordinaire pour la recherche scientifique mais aussi pour le tourisme culturel du Guatemala. En tout, ce ne sont pas moins de 61 000 structures cachées qui ont été repérées. « Pour la seule cité de Naachtun et ses environs, soit 135 km² dans le nord du Guatemala, nous avons découvert plus de 12 000 structures. Le lidar ne permet pas une datation précise. Mais on sait que l'habitat à la période classique (150 à 950 après J.C) se caractérise par des constructions en pierre organisées autour de patios, typiquement les assemblages de structures qui nous ont été révélés. Reste maintenant à aller sur le terrain pour affiner les datations et comprendre l'évolution de ces ensembles résidentiels. » souligne Philippe Nondédéo, archéologue mayaniste du CNRS au laboratoire Archéologie des Amériques.

Temple du Grand Jaguar au Guatemala

Temple du Grand Jaguar au Guatemala
©Diego Grandi/123RF

Le plus impressionnant dans cette découverte reste que le lidar a révélé une interconnexion entre les cités via de longues chaussées, démontrant que les périphéries des grandes cités étaient bien plus peuplées que ce que pensaient les scientifiques. Cela peut s'expliquer par le fait que, d'après Philippe Nondédéo : « L'époque est traversée par deux périodes successives qui se caractérisent par le pouvoir hégémonique d'une seule cité à la fois, d'abord Tikal de 378 à 550 après J.-C. puis Calakmul jusqu'en 730. Leur pouvoir était établi sur un réseau d'alliances, qui a permis un semblant de paix pendant plusieurs siècles. La société était organisée autour de cités-États, des capitales qui contrôlaient un territoire plus ou moins vaste. »

Avant d'ouvrir la région aux touristes, les scientifiques souhaitent utiliser le lidar afin de comprendre comment cette civilisation a pu disparaître si rapidement sans laisser de traces matérielles.