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Madagascar : les lémuriens subissent le braconnage et perdent leur forêt
Publié le 24/04/2019 922 partages

EnvironnementMadagascar

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Dans la forêt de Vohibola, sur la côte orientale de Madagascar, les lémuriens tout comme les arbres semblent ne plus être à leur place. Entre braconnage, chasse et déforestation, la nature subit des ravages qui pourraient, à terme, la détruire à tout jamais.

 

 
© anolis01/123RF

Les chiffres sont alarmants. Selon l'ONG Lemur Conservation Network, 105 des 111 espèces de lémuriens répertoriées à Madagascar sont actuellement menacées d'extinction. Et pour cause ! Si certains d'entre eux sont capturés illégalement afin d'être mangés ou transformés en animaux de compagnie, d'autres sont tout simplement emportés avec les arbres que l'on déracine chaque jour. Car oui, ces petits primates qui ont fait la renommée du film éponyme ne sont pas les seuls concernés par ce fléau. La forêt elle-même est aussi en danger.

Chaque année, sur les 9 millions d'hectares qu'elle représente, l'île de Madagascar en perd entre 50 000 et 100 000 chaque année. En outre, ces arbres « volés » quotidiennement finissent brûlés pour produire du charbon, un combustible peu onéreux et indispensable aux besoins de la population dont la pauvreté n'est malheureusement plus à prouver. Privée de ses arbres, la forêt jadis dense et luxuriante, ressemble de plus en plus à une terre aride et dévastée, parsemée de souches meurtries et d'animaux démunis.

 

 
© Isabel Poulin/123rf

Face à un tel désastre, certains locaux essaient tant bien que mal de reprendre les choses en main et de remédier à la situation. C'est le cas de Michael Tovolahy, chef du village d'Andranokoditra, qui, entouré d'une petite équipe de patrouilleurs, essaie de traquer les contrebandiers et leur livre une guerre sans merci. Ou encore de Stéphane Décampe, propriétaire d'un hôtel, qui lui récupère les lémuriens auprès des familles qui s'en servent comme animaux de compagnie.

Il faut dire que ni l'Etat ni les locaux ne semblent coopérer avec les fervents défenseurs de cette cause. Les villageois, dont le charbon est indispensable, ne dénoncent pas les coupes illicites et les actes barbares des braconniers. Les autorités locales quant à elles sont soupçonnées de couvrir les trafiquants. Une véritable guerre a été déclarée entre les deux camps. D'un côté, ceux qui cherchent à sauver ce qu'il reste de la richesse de Madagascar, de l'autre ceux qui la pillent sans vergogne.

 

 
©mihtiander/123RF

Il n'empêche que depuis 2016, l'association de gestion de la réserve se plie en quatre pour contrer ce phénomène. Elle cherche des sources de revenus alternatives au pillage de la forêt, notamment dans l'agriculture. Et certains d'ajouter : « Seuls, nous n'arriverons jamais à lutter contre les bûcherons-braconniers. Ce qu'il faut, ce sont des éléments armés, habilités par la loi à faire usage de la force. ». Autant dire que Madagascar, ses arbres et lémuriens n'ont pas fini de souffrir. Mais gardons espoir !