Publié le 22/03/2016 (Modifié le 18/10/2017)

#Transport #France

Le low cost long courrier a-t-il (enfin) trouvé son modèle ?

Le débarquement de Norwegian à Paris-CDG et l'annonce du prochain lancement de French Blue redonnent de la vitalité à une activité qui vivote depuis une dizaine d'année : les compagnies low cost long-courrier. Le modèle économique low cost révolutionnera-t-il le long courrier comme il l'a fait avec les vols courts?

Il y a eu de nombreuses tentatives. Mais si le monde des low cost court et moyen courrier est dans l'ensemble une 'success story' (il y a eu quelques couacs quand même !), le modèle est difficile à adapter aux vols intercontinentaux. Air Madrid en 2007 (après deux ans d'exploitation), Oasis Hong Kong Airlines en 2008 (après 3 ans d'exploitation), la canadienne Zoom Airlines en 2008 (après 6 ans d'exploitation) ou Viva Macau en mars 2010, ont dû fermer boutique.

Le modèle low cost s'acclimate difficilement à la complexité logistique des long-courriers. Mais certaines compagnies semblent avoir trouvé le bon schéma à l'image de la malaisienne AirAsia X, basée à Kuala Lumpur et qui perdure depuis 9 ans, même si elle a renoncé à plusieurs liaisons vers l'Europe pour se recentrer sur l'Asie, de Melbourne à Tokyo.

En Europe, c'est Norwegian Air Shuttle qui déjoue tous les pronostics. Un nom pas glamour pour deux sous, un big boss et principal actionnaire sorti de l'armée, c'est pourtant la compagnie la plus dynamique du vieux continent. Avec une flotte long-courrier de huit Boeing 787 Dreamliner, la compagnie lancée en 2003 opère aujourd'hui des liaisons depuis l'Europe vers New York, Los Angeles, Dubaï, Bangkok... et vient de s'installer à Paris.

Nouveaux aéronefs et kérosène au plus bas

La compagnie French Blue, sera lancée le 15 septembre entre Paris-Orly et Punta Cana. - © Airbus

Entre la rumeur très récurrente d'un projet chez British Airways, le décollage d'Eurowings (filiale de la géante allemande Lufthansa), le lancement de French Blue par Air Caraïbes... Norwegian n'est plus seule, loin de là, à vouloir proposer des billets d'avion pas chers sur des vols longue distance.

Le premier paramètre qui semble avoir ouvert la possibilité de vols low cost long-courrier ce sont les avions eux-mêmes. Les Boeing 787 pour Norwegian, les Airbus A330 dernière génération d'abord puis A350 rapidement chez French Blue, les appareils long courrier de dernière génération, flexibles, peu gourmands en carburants, offrent des coûts d'exploitation au siège jusqu'à présent inégalés. Et c'est conjoncturel mais important pour le lancement, le prix du kérosène est au plus bas et devrait durablement le rester.

Ensuite, il s'agit de compagnies neuves, même si ce sont parfois des filiales de grands groupes préexistant. Partir d'une feuille blanche permet de faire fi des lourdeurs et contraintes des compagnies historiques. Cumuler des appareils optimisés et récents, les dernières nouveautés en matière d'optimisation de l'exploitation, des conditions d'emplois des pilotes et PNC remis à plat... permet de faire des économies à tous les niveaux et donc d'appliquer un modèle à bas coût avec succès.

Au bout du compte, si on attend toujours la petite révolution qui permettra à tout un chacun de s'envoler pour un week-end à New York sur un coup de tête sans devoir se couper un bras, il semble bel et bien qu'une porte s'est ouverte pour les vols low cost long-courrier.