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"Des microplastiques découverts dans l'organisme de toutes les tortues marines
Publié le 15/12/2018 1265 partages

EnvironnementIndonésie

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Et si le plastique mettait un terme à l'existence des tortues marines ? C'est le sombre dessein qui semble leur être réservé après l'examination des populations restantes. Un groupe de scientifiques a mené des recherches sur une centaine de tortues marines appartenant aux sept espèces connues et évoluant dans les océans Pacifique et Atlantique ainsi qu'en Méditerranée. 100% de ces tortues ont révélé la présence des microplastiques dans leurs intestins.

Toutes ces superbes créatures sont contaminées par le plastique

Toutes ces superbes créatures sont contaminées par le plastique
© marsipanes/123RF

Tandis que les chiffres affolent les compteurs avec non moins de huit millions de tonnes de déchets plastiques déversées chaque année dans les océans, les animaux semblent être le premier rempart et les premières victimes de ce fléau. Cette quantité est malheureusement amené à évoluer au cours des prochaines années, aggravant la danger pour l'environnement et la faune sauvage. De très nombreuses espèces marines sont affectées par l'augmentation de la pollution. Ainsi, un cachalot s'est récemment échoué en Indonésie avec plus de 6kg de matières plastiques au fond de l'estomac. Les tortues, elles, semblent être les principales victimes de la « plastification des océans » d'après une étude publiée dans la revue Global Change Biology.

Les recherches, menées par une équipe de chercheurs britanniques, ont été menées sur 102 tortues marines appartenant aux seules sept espèces répertoriées. Tous les reptiles étaient morts échoués ou par une capture accidentelle. Chacune des tortues autopsiées avaient un point commun : la présence de microplastique dans l'organisme. Au total, ce sont 800 particules plastiques de moins de cinq millimètres de long retrouvées uniquement dans l'intestin des tortues. La quantité réelle devrait donc être, à minima, 20 fois supérieure. En moyenne d'après les résultats, les tortues dépassent les 150 fragments plastiques (Pacifique et Atlantique). Les espèces méditerranéennes ont décroché la palme avec plus de 500 morceaux dans leurs intestins.

La grande majorité des particules provenait de fibres comme les vêtements, les pneus ou encore les filtres de cigarette. Si pour le moment la méthode d'ingestion n'est pas connue, les pistes les plus probables restent la contamination par eau de mer, les sédiments et la nourriture des tortues. Les tortues ne sont pas les plus fins des animaux marins et confondent, par ailleurs, les sacs plastiques avec des méduses. Malheureusement, les conséquences de ces microparticules sur la santé des tortues restent une autre zone d'ombre. D'après le Dr Emily Duncan de l'Université d'Exeter (principale auteure de l'étude), « Leur petite taille signifie qu'elles peuvent passer à travers l'intestin sans causer de blocage. Cependant, de futures recherches devraient s'intéresser à la façon dont ces microplastiques pourraient affecter les organismes aquatiques de façon plus subtile. »

Le plus beau des reptiles

Le plus beau des reptiles
© natursports/123RF

Dans un communiqué, la spécialiste de ces somptueux reptiles continue « Par exemple, elles pourraient potentiellement transporter des polluants, des bactéries ou des virus, ou elles pourraient affecter la tortue à un niveau cellulaire ou sous-cellulaire. » Sa consoeur, le Dr Penelope Lindeque du Laboratoire marin de Plymouth enchérit : « Au cours de nos recherches au fil des années, nous avons trouvé des microplastiques dans presque toutes les espèces d'animaux marins étudiés, du minuscule zooplancton à la base de la chaîne alimentaire marine jusqu'aux larves de poissons, aux dauphins et maintenant aux tortues »

D'autres travaux ont abouti à des découvertes similaires sur les oiseaux marins et plus récemment sur les coquilles Saint-Jacques. Ces dernières seraient capables d'ingérer des milliards de nanoparticules de plastique qui se disperseraient en seulement quelques heures dans leur organisme pour y rester durant plusieurs semaines. « Cette étude fournit davantage de preuves que nous devons tous aider à réduire la quantité de déchets plastiques relâchés dans les océans afin de maintenir des océans propres, sains et productifs pour les futures générations », conclut le Dr Lindeque.