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Les pyramides d'Algérie remplies de mystères
Publié le 21/01/2019 524 partages

EnvironnementAlgérie

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Les "pyramides" d'Algérie, appelées aussi "djeddars de Frenda", sont au nombre de treize. Situées sur deux collines voisines dans le nord de l'Algérie, elles sont âgées de 16e siècles. Alors qu'elles connaissaient peu de succès, une femme va changer la donne. Depuis, leur histoire et leur origine attirent les chercheurs qui doivent percer ses nombreux mystères .

 

 
© Anton Ivanov/123rf

Les 13 djeddars de Frenda, situés dans le nord du pays algérien, attirent l'oeil des chercheurs. Quelle est leur histoire ? Leur fonction ? Tant de questions dans leur tête. Ces treize édifices de pierre à base carrée et à élévation pyramidale à degrés sont uniques en Algérie et au Maghreb.

Selon les recherches, elles auraient été construites entre le IVe et VIIe siècles, près de Tiaret, pour servir de monuments funéraires. Si l'on est certains que ces pyramides soient des bâtisses funéraires, les avis divergent quant aux personnes qui aurait pu y être enterrées.

Une histoire peu connue

Les treize pyramides sont des tombeaux funéraires mais qui y étaient inhumés ? C'est la question que les chercheurs tentent de résoudre. Selon eux, les inhumés seraient des dignitaires. Durant l'Antiquité, des rois berbères gouvernaient la région mais leur histoire est mal connue et le mystère planne encore. À la même époque, le nord du pays est bousculé par divers événements : déclin de l'Empire romain d'Occident, invasions vandales puis byzantines et début de la conquête arabe.

 

Que savons-nous sur ces pyramides ?

Même si l'histoire de ces pyramides reste un mystère, les chercheurs découvrent à l'intérieur, pièces et galeries, qui les replongent dans le passé. Les djeddars de Frenda se haussent à 18 mètres du sol avec une base variant de 11.5 mètres et 46 mètres de côté. Les trois plus anciens se situent sur le djebel Lakhdar tandis que les dix autres sur le djebel Araoui.

Les djeddars renferment tous une ou plusieurs pièces, reliées par des galeries dont des chambres funéraires. Certaines pièces sont habillées de banquettes, de possibles lieux de culte funéraire. Leurs portes sont sculptées de motifs traditionnels des édifices chrétiens mais aussi de scènes de chasse ou de figures animales. On peut également apercevoir des inscription latines selon certains chercheurs, grecques selon d'autres. Malheureusement, elles ne peuvent être interprétées , le temps les ayant presque effacées.

 

Pas un grand succès

Avant le XIXe siècle, les pyramides d'Algérie n'avaient pas un franc succès et n'attiraient pas tellement la curiosité. Mais à partir du XIXe siècle, des premières fouilles archéologiques modernes sont organisées, accompagnant la colonisation française (entamée en 1830). Peu à peu les pyramides suscitent l'intérêt du pays. En 1865, fonctionnaires et militaires français se penchent d'un peu plus près sur neuf d'entre elles.

 

À la fin des années 60, Fatima Kadra décide d'étudier les trois djeddars les plus anciens en profondeur. Grâce à elle, on commence à s'y intéresser et à se battre pour leur préservation. En effet, depuis 1969, les pyramides figurent au patrimoine national algérien. Mais le souhait ultime est de les inscrire sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO. Cela permettrait leur préservation et leur étude. Le dossier sera deposé en 2020, si tout se passe bien. Peut-être que ce statut permettrait de résoudre les mystères ?