Les sargasses, ces algues toxiques qui agacent les Antilles !
Publié le 13/06/2018 451 partages

EnvironnementLes îles de Guadeloupe

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C'est un véritable débarquement de sargasses qui est à l'œuvre actuellement sur les plages des Antilles, en pleine mer des Caraïbes. Ces algues brunes récalcitrantes ont tout pour déplaire : elles bloquent les bateaux, dégagent une odeur pestilentielle, deviennent toxiques en cas de décomposition et gênent les petits baigneurs. Ce phénomène mystérieux est doublement problématique d'un point de vue économique et sanitaire, se matérialisant en un frein pour le tourisme local et en un coup porté à l'écologie.

C'est une vague de sargasses, ces algues brunes impopulaires, qui déferle actuellement sur les Antilles, au cœur de la mer des Caraïbes. Depuis fin février, des bancs de sargasses investissent les plages et s'échouent sur les littoraux des îles de la Guadeloupe, de la Martinique, de Saint-Martin ou encore de Saint-Barthélemy.

Cet envahissement de terrain pose de nombreux problèmes économiques, sanitaires et écologiques. Loin de se faire des amis, la sargasse se plait à errer dans une vaste zone au nord de l'Océan Atlantique, dénommée « Mer des Sargasses » découverte par Christophe Colomb en 1492.

Un envahisseur venu d'ailleurs !

Un envahisseur venu d'ailleurs !
© Noppharat Manakul / 123rf

En s'accumulant sur les plages antillaises, ces légions d'algues bloquent les bateaux, incapables de naviguer notamment sur La Désirade et l'île de Terre-de-Bas, composante de l'archipel des Saintes (Guadeloupe). Un premier coup asséné à l'économie locale qui vit du commerce maritime et de la pêche.

Concernant l'activité touristique, le manque à gagner commence à se faire sentir sur les îles prisées par les visiteurs pour leurs plages de sable fin et leurs eaux turquoise, ici, inaccessibles comme à Saint-François en Guadeloupe.

Voyage en terre polluée !

En plus d'être encombrante, la sargasse est toxique quand elle se décompose, dégageant du sulfure d'hydrogène. Il n'est pas rare que ces émanations nauséabondes provoquent des intoxications chez les plus vulnérables et les plus jeunes. Des écoles ont d'ailleurs fermées en Guadeloupe.

Enfin, la plus grande victime reste notre écosystème meurtri par ces êtres vivants aquatiques qui tuent aussi bien les poissons que les tortues, sans oublier de s'attaquer au récif corallien.

Un plan d'urgence impliquant le déploiement de plusieurs équipes et une aide de 3 millions d'euros, a été décrété par l'Etat français, pour évacuer les plages sinistrées de ses occupants tenaces et corrosifs

Dans l'attente de confirmations scientifiques, la recrudescence des transports maritimes dans les Caraïbes et la déforestation de l'Amazonie sont montrées du doigt pour expliquer ces échouages dantesques. Rien de très naturel en somme !