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Le dernier loup de Meurthe-et-Moselle risque d'être prochainement abattu
Publié le 22/07/2019 803 partages

SécuritéFrance

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Avec de nombreuses victimes à son actif, le dernier loup de Meurthe-et-Moselle commence sérieusement à poser problème. D'où une autorisation de la préfecture à l'abattre dans les prochaines semaines.

 

 
© Alessandro Storniolo/123RF

Cela fait maintenant trois ans que le dernier loup de Meurthe-et-Moselle sévit dans la plaine lorraine. 39 attaques de troupeaux en 2017, 63 en 2018 et plus d'une cinquantaine depuis le début de cette année. Redoutable, ce canidé semble ne pas pouvoir s'arrêter et attise la haine des bergers, complètement désemparés face à la voracité de cet animal. Il faut dire que depuis toutes ces années, ce dernier a causé beaucoup de dégâts. D'autant que des analyses génétiques et un certain nombre de clichés (pas moins de 80) ont montré qu'il s'agissait bien d'un seul et unique individu. Las de ce comportement inacceptable, la préfecture a décidé d'autoriser un tir de prélèvement sur la bête d'ici les prochaines semaines.

A l'issue d'une rencontre avec les éleveurs et des associations de défense de l'environnement, le préfet Eric Freysselinard a fait part de ses intentions à l'égard de ce loup : « Nous attendons un arrêté ministériel qui, entre autres mesures, permettrait de tuer un loup quand, sur une zone déterminée, il provoque un nombre de dégâts excessifs ». En outre, ce tir ne pourrait être autorisé qu' « en cas de dommages importants et récurrents ou exceptionnels (malgré les tirs de défense et les mesures de protection) ». Et c'est bien le cas ! L'animal amenuise la biodiversité dans ce secteur, décourage les éleveurs et ses attaques coûtent cher : près de 2,5 M d'euros aux trois départements en indemnisations et subventions de mesures de protection. Ainsi, toute personne compétente titulaire d'un permis de chasse valable pour l'année en cours pourrait abattre le prédateur.

A noter toutefois que tout le monde n'est pas du même avis. Pour les associations de défense de l'environnement, « le loup est une espèce protégée par la Convention de Berne (1979) et par la directive européenne relative à la conservation des habitats naturels (1992) », textes pourrait lui faire échapper à la mort. D'autres estiment que cette opération de tir serait vaine. Comme le président de l'Association de secours et de placement des animaux l'explique, il est fort probable qu'un autre spécimen vienne et fasse exactement la même chose. Ce à quoi le préfet a répondu que la mort du dernier loup ne saurait mettre en cause l'espèce. Selon lui, il est plus judicieux de le tuer car « car il est en train de mobiliser toute une population contre lui et il dessert la cause du loup ».

La France compte aujourd'hui plus de 500 loups sur son territoire. Sur 53 canidés pouvant être tués en 2019, 38 l'ont été. En 2020, ce chiffre augmentera à une centaine.