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Le déclin ininterrompu de la faune sauvage
Publié le 05/11/2018 894 partages

EnvironnementFrance

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fTous les deux ans, le Fonds mondial pour la nature (WWF) délivre son rapport intitulé " Planète vivante ", qui nous rappelle que la nature est en danger critique à cause de nos agissements. Cette année, la donnée la plus effroyable révèle que les populations de vertébrés ont été réduites de plus de 60% depuis 1970. Mammifères, reptiles, oiseaux, tous ont vu un effondrement de leur nombre en moins de 50 ans. Si une seule chose peut stopper ce déclin inexorable, il se pourrait que ce soit une véritable prise de conscience de 7 milliards d'être humain. Cela semble donc malheureusement impossible.

Les animaux, premiers producteurs de bénéfices mondiaux

Les animaux, premiers producteurs de bénéfices mondiaux
©Rudra Narayan Mitra/123RF

Sur la planète bleue, les animaux sont en danger. Si cela n'a rien d'une nouveauté, la parution de l'édition 2018 du rapport « Planète vivante », publié par le Fonds mondial pour la nature (WWF) et la Société zoologique de Londres, estime à 60% la réduction du nombre de vertébrés en moins de 50 ans. Ce désastre écologique et biologique est d'autant plus conséquent qu'il est en constante augmentation. Les rapports de 2016 et 2014 estimaient cette perte à, respectivement, 58% et 52%. Toutes les classes de vertébrés sont concernées, à savoir : mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens.

Les termes usités pour décrire cette catastrophe sont fort, notamment dans la bouche du directeur général du WWF France, Pascal Canfin : « Cette étude confirme que notre planète est en train de subir la sixième extinction de masse. Jamais la vie sauvage n'a décliné à un rythme aussi rapide. Si cette tendance se poursuit sur les prochaines décennies, le seuil de survie de certaines populations risque de ne plus être assuré. » Dramatique, la situation touche de nombreuses espèces emblématiques comme les éléphants d'Afrique ou les orangs-outans de Bornéo, mais plus globalement l'ensemble de la faune sauvage de la Terre. Le rapport se base sur un panel de 16 704 populations différentes (groupes d'animaux vivant sur un territoire donné) qui représente jusqu'à 4005 espèces distinctes. Selon leur emplacement sur la planète, l'analyse indique que le recul des effectifs n'est pas identique partout. Ce recul est en effet plus visible selon l'aire « biogéographique ». La disparition des espèces se trouve être la plus élevée dans le bassin indo-pacifique (Inde, Indonésie, Australie) avec 64% et dans l'aire néotropicale (Amérique du Sud et centrale) avec une nette diminution de 89%. En Afrique Subsaharienne, le recul grimpe à 56%, et oscille entre 23% et 31 % dans les zones néarctique (Amérique du Nord) et paléarctique (Europe, Nord de l'Afrique, Nord de l'Asie et Moyen-Orient).

Fait le plus aggravant : les causes de ce massacre sont connues. En premier lieu, la destruction des habitats naturels, l'exploitation forestière et minière, l'agriculture intensive et l'urbanisation sont les facteurs les plus récurrents. À cette dégradation humaine s'ajoute la surexploitation, la pollution, les espèces invasives, ainsi que les maladies et le changement climatique. En somme, la pression humaine sur les écosystèmes est de plus en plus redoutable et agressive pour l'environnement et la faune sauvage. Le « capital naturel » de la Terre réduit d'année en année et rien ne semble pouvoir stopper ce phénomène. En seulement 50 ans, l'empreinte écologique mondiale a quasiment triplé, laissant des séquelles indélébiles et irréparables à la biosphère mondiale.

La déforestation menace de nombreuses espèces dont l'orang-outan

La déforestation menace de nombreuses espèces dont l'orang-outan
© boule13/123RF

Il existe pourtant des solutions à apporter afin de freiner cette hécatombe. Pascal Canfin l'assure : « L'expérience montre que quand on met en place une vraie politique de protection des habitats, la nature reprend ses droits.». Le directeur de WWF France l'illustre avec l'exemple des tigres du Népal et des girafes d'Afrique du Sud, qui, protégés par des actions gouvernementales, ont vu leur population repartir à la hausse. Le réchauffement climatique est aussi l'un des enjeux majeurs de la préservation de la faune et de la flore sauvage. Les prochaines échéances telles que la 7ème conférence de la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), le congrès mondial de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et la 15ème conférence mondiale sur la biodiversité, seront primordiales quant à l'évolution de la situation planétaire.

Afin de faire réfléchir, et parfois fléchir, certains gouvernements, les scientifiques sortent les gros chiffres. D'après les chercheurs, les services rendus à l'humanité par la nature se chiffrent en milliards d'euros. L'exemple type est celui des oiseaux pollinisateurs. Un tiers de la production alimentaire mondiale dépend de ces derniers, soit un estimation brut de 110 000 milliards d'euros gagné grâce à la nature (1,5 fois le produit intérieur brut mondial.) C'est à Pascal Canfin que revient le mot de la fin, lui qui estime que : « Si nous devions payer pour ces services, notre modèle économique serait en faillite ». Dans un monde dirigé par l'argent, donner une valeur marchande à la nature permettra peut-être de la sauver. Le rapport est disponible sur le site de la WWF.

L'Homme, seul et unique responsable

L'Homme, seul et unique responsable
©Baliukh Pavlo/123RF