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L'Everest : plus meurtrier que jamais cette année
Publié le 12/06/2019

SécuritéNépal

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Fascinant, l'Everest est un véritable challenge pour ceux qui souhaitent grimper jusqu'à son sommet. Très difficile, son ascension est malheureusement parfois interrompue par la mort. Inattention et négligence, mauvaises conditions météorologiques, faim et fatigue, beaucoup d'éléments achèvent brusquement ce périple ô combien rude et périlleux. Alors que la saison 2019 a récemment commencé, déjà onze personnes sont mortes en essayant de gravir le toit du monde. Explications.

 

 
© prudek/123RF

En moyenne, cinq personnes « seulement » (bien que cela est déjà trop) meurent chaque année en essayant de gravir l'Everest. Depuis le début de la saison 2019, onze personnes soit plus du double y ont déjà laissé leur vie. Outre les raisons courantes de ces décès, à savoir avalanches, chutes et mal aigu des montagnes (nausées, vertiges voire œdème pulmonaire et cérébral causés par le manque d'oxygène, la faim ou le froid), d'autres phénomènes expliquent cette triste hécatombe.

Perturbations météorologiques

Le mont Everest peut être gravi à deux moments de l'année : en mai et en décembre. Etant donné le réchauffement climatique, l'aspect de la montagne change et les périodes sont donc de plus en plus difficiles à cerner précisément. Malgré la vigilance accrue du gouvernement népalais, les conditions météorologiques peu favorables ont entrainé des événements naturels incontrôlables ayant engendré la mort d'alpinistes pourtant aguerris. Deuxième problème : la modification des périodes, le fait qu'elles soient raccourcies, ont tendance à attirer les touristes sur un laps de temps très court de sorte à ce qu'ils finissent par se « marcher dessus ».

Tourisme excessif

Par ailleurs, cette montagne, parce qu'elle représente un défi personnel et semble indomptable, devient une expérience à faire au moins une fois dans sa vie. Il en résulte un tourisme de masse et particulièrement dangereux. En 2018, le gouvernement népalais a délivré 346 permis d'ascension. Cette année, il en a fourni 381. Sans compter que chaque personne titulaire de ce permis doit être accompagnée, ce qui représente plus de 750 personnes.

Comme vous avez pu le voir dans les médias précédemment, un embouteillage géant s'est créé le 21 mai dernier. Un phénomène dû à l'ouverture d'agences bon marché, peu professionnelles et encore moins rigoureuses. Et cela conduit à certaines catastrophes : diminution voire épuisement de l'oxygène dans les bouteilles à cause d'une attente trop longue au sommet ou encore bousculades et chutes dans la fameuse " zone de mort " qui est large de seulement 50 cm.

 

 
© mr.vergeles/123RF

Défaut d'organisation, manque d'expérience et de préparation

L'une des principales causes de décès dans cette montagne d'Himalaya est l'absence cruelle d'organisation. Sous prétexte de réaliser cet exploit, les agences tout comme les touristes font preuve d'une négligence absolue.

Du côté des agences, celles-ci ont tendance à ne pas être très scrupuleuses : elles ne vérifient ni le niveau ni les capacités des personnes souhaitant grimper le sommet de l'Everest. Alors qu'en principe, il faut procéder à un long entretien avec le client, l'interroger sur son parcours d'alpiniste, le former à l'occasion d'un stage en montagne en veillant à la cohésion du groupe en préparation. Avec l'émergence des agences bon marché, les prestations perdent en qualité et offrent nettement moins de garantie en termes de sécurité et survie. Force est de constater que le gouvernement népalais n'est pas très regardant sur l'expérimentation des personnes : il suffit de remplir un beau chèque pour que le permis soit délivré.

Les alpinistes amateurs quant à eux, ne semblent vraiment pas avoir conscience des dangers auxquels ils s'exposent. Dans la précipitation, ceux-ci ont tendance à prendre des risques inconsidérés malgré les instructions de leur guide. Un comportement aggravé lorsque la panique les prend en cours de route.

Des solutions possibles ?

A ce jour, il est difficile d'aller à l'encontre de cette triste tendance. Faute de moyens, le Népal a du mal à limiter cette activité qui lui rapporte beaucoup d'argent. Difficile pour les autorités du pays de diminuer le nombre de permis délivrés et de véritablement s'assurer des compétences des alpinistes. A noter qu'en 2020, une vaste campagne baptisée " Visit Nepal " va être organisée. Apparemment la prise de conscience n'est pas pour tout de suite.