Publié le 13/09/2016 (Modifié le 19/09/2016)

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Egypte : bientôt une forêt de 200 hectares dans le désert

En Égypte, des scientifiques ont fait un pari incroyable : faire pousser une forêt de 200 hectares dans le désert! Le pays tente en effet de freiner l'avancée du désert depuis les années 90. Jouant la carte de l'écologie, le pays utilisera des eaux usées semi-traitées pour ne pas gaspiller de précieuses ressources.

L'Egypte est le pays le plus peuplé d'Afrique, néanmoins sa population se concentre essentiellement autour des rives du Nil. Mais ce fleuve vital ne peut rien contre l'avancée du désert, et de nombreux scientifiques tentent aujourd'hui de développer une végétation dans le désert, pouvant ainsi limiter les dégâts.

Les initiatives pour la reforestation ont été lancées par l'état égyptien dès les années 90. A deux heures du Caire, une forêt de Sérapium a vu le jour, après de nombreux investissements pour reverdir le pays. Ces forêts seront bénéfiques au pays, car elles seront très rentables, en effet les arbres arrivent à maturité très rapidement en Égypte : 60 ans pour un arbre planté en Europe, contre 15 années en Égypte.

Une forêt naturelle sur les rives du Nil

© efesenko84/123RF

Ce programme a pour vocation de faire augmenter la végétation dans 36 zones du pays où la désertification est terrible. Des variétés d'arbres très différentes ont été plantées, dont certaines étrangères au pays mais ayant un fort intérêt commercial, parmi eux : l'acajou et l'eucalyptus.

En plus de profits supplémentaires grâce à l'exploitation du bois, cette végétation en milieu désertique a un but bien précis : le recyclage d'une eau non-potable pour faire pousser, dans le désert, des forêts très rapidement. Le principal avantage est qu'il n'y a nul besoin d'engrais chimiques, qui risqueraient de polluer le désert, ni besoin de puiser dans les réserves d'eau potable.

Le gouvernement Egyptien a réagi rapidement car une grande partie de son territoire agricole était en danger. Selon les Nations Unies, 6 millions d'hectares de terres agricoles disparaissent chaque année à cause de la désertification : la perte serait de 42 milliards de dollars. Dans le pays des pyramides, à cause du climat semi-désertique, 3 pourcents seulement de surface du pays sont exploitables pour l'agriculture. La sécheresse, le taux très élevé de la salinité de l'eau et du sol, le mauvais drainage agricole et la construction sur des terrains agricoles menacent plus d'un tiers de cette surface de désertification totale.