L'oiseau star du film d'animation RIO a vu son espèce s'éteindre
Publié le 23/09/2018 428 partages

NatureBrésil

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Il est drôle, mignon et magnifique. Le aras de Spix, héros du film d'animation Rio, vient d'être déclaré espèce disparue par une étude de Birdlife International. Pire encore, le ara de Spix est accompagné par sept autres races de volatiles sur la (trop) longue liste des espèces éteintes.

Une étude menée par Birdlife International et relayée par le quotidien The Guardian annonce la disparition de huit espèces d'oiseaux, dont le fameux ara de Spix, rendu célèbre par le film d'animation Rio. Si la certitude à 100% n'est pas permise, il y a de grandes chances pour qu'aucun de ces volatiles ne réapparaissent un jour. Toutes ces espèces auraient donc disparu durant le XXIe siècle. Terrible. D'après Stuart Butchart, co-auteur de l'étude : « Le dernier individu connu d'Ara de Spix a disparu en 2001 dans la nature, mais des recherches étaient en cours depuis et ce n'est que maintenant que nous sommes suffisamment confiant pour le casser dans la catégorie des espèces éteintes. Les autres espèces mentionnées sont certes moins connues du grand public, mais elle provenait (presque) toutes du continent sud-américain, comme l'anabate d'Alagoas, le cryptic treehunter et le po-o-uli masqué. Sur les huit espèces, quatre étaient même endémiques du Brésil. »

À terrible nouvelle, espoir permis ! Stuart Butchart explique que tout est encore possible : « Historiquement, 90% des extinctions d'oiseaux étaient de petites populations sur des îles éloignées. Nos chiffres montrent qu'il y a une vague croissante d'extinctions sur le continent, entraînée par la perte d'habitat due à une agriculture intensive, au drainage et à l'exploitation forestière. ». Selon les chercheurs de BirdLife International (l'autorité aviaire de la liste rouge des espèces menacées de l'Union Internationale pour la conservation de la nature), il a fallu étudier 51 espèces en danger critique d'extinction pendant plus de huit ans avant de déterminer ces résultats.

Rio ne répond plus

Rio ne répond plus
©Teguh Mujiono/123RF

Si les raisons sont donc connues, il existe des solutions et donc de l'espoir. C'est notamment le cas pour l'Ara de Spix. La catégorie dans laquelle ont été rangée ses espèces s'appelle « éventuellement éteinte à l'état sauvage » et correspond donc à des espèces connues pour survivre en captivité. À la différence d'espèces comme le diable de Tasmanie, l'oiseau n'a pas entièrement disparu de la surface de la planète puisqu'il vit encore dans certaines réserves contrôlées par l'Homme. L'urgence est pourtant bien réelle puisque le nombre d'extinctions d'oiseaux confirmées ou probables est estimé à 187 en seulement 500 ans.

Un ara de Spix à l'état sauvage

Des améliorations sont pourtant notables comme celle qui démontre que la fauvette à anches de Moorea, en Nouvelle-Calédonie, a été enlevée de la catégorie « peut-être éteinte ». Il ne faut donc pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué selon Stuart Butchat puisque cela risquerait de limiter les efforts de conservation et donc accélérer la disparition de certaines espèces.