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Les promenades en calèche suspendues sur les îles d'Istanbul
Publié le 05/01/2020

SociétéTurquie

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Le gouverneur d'Istanbul a annoncé récemment la suspension des calèches pour trois mois à la suite d'une épidémie qui a mis en lumière l'état de santé alarmant des chevaux. Les défenseurs des animaux estiment que de nombreux animaux seraient exploités illégalement sur les îles de la ville turque.

 

 
© Yasar Unlutas/123RF

 

Très prisées par les touristes en Turquie, les balades en calèche sur les "Îles aux Princes" viennent de subir un coup d'arrêt. Le gouverneur d'Istanbul a en effet annoncé, le 20 décembre dernier, une interdiction temporaire des calèches, accompagnée d'un ordre de destruction des étables "illégales" et de la construction d'espaces de quarantaine pour contenir les épidémies.

Une mesure censée répondre à un rapport publié en octobre par la commission parlementaire, indiquant que près de 400 bêtes mouraient chaque année sur les îles. Un nombre que les activistes pensent en réalité deux fois plus élevé. En cause, les maladies, la malnutrition et les blessures provoquées par des conditions de vie calamiteuses, dénoncent ces groupes.

Des exploitations illégales

Les autorités sont notamment préoccupées par une épidémie de morve, une maladie respiratoire mortelle, qui a tué des centaines de chevaux sur les îles depuis la première vague d'infection, en 2017. La décision du gouverneur a été prise après l'enterrement récent de 81 chevaux morts de cette infection dans des fosses sur l'île de Büyükada.

Des journalistes de l'AFP ont constaté en novembre la présence d'ossements de chevaux éparpillés à proximité des écuries les plus récentes, construites en 2006 sur Büyükada, la plus grande des îles. Dans les écuries, la saleté règne. Elles "sont dans un état catastrophique, pleines de saleté et de déchets", décrit Mme Ertürk. "C'est impossible de survivre là-dedans".

 

 
© ozdereisa/123RF

 

Un plan pour réduire le nombre de chevaux

Officiellement, il y a 1 000 chevaux enregistrés sur les quatre îles d'Istanbul, mais les défenseurs de la cause animale estiment que 1 000 autres y sont exploités illégalement. Sultan Gülyar, de l'Association turque de Protection des Animaux, explique que la plupart des animaux sont acheminés illégalement par bateau durant l'été, quand la saison touristique bat son plein. Puis, "en hiver, ces chevaux sont abandonnés dans la forêt. La plupart y meurent", affirme-t-elle.

Erdem Gül, le maire des îles, reconnaît que le système est à bout de souffle. "Nous n'arrivons pas à répondre aux attentes de ceux qui aiment les animaux, nous ne parvenons pas à protéger les droits des chevaux, nous ne pouvons même pas leur garantir les soins nécessaires", déclare-t-il à l'AFP. "Si nous n'arrivons pas à prendre soin de nos animaux, c'est de la cruauté" déplore-t-il.

L'édile explique qu'il prépare un plan visant à réduire drastiquement le nombre de chevaux sur les îles et améliorer les conditions de vie des quelques spécimens gardés pour le "folklore", les autres devant être remplacés par un système de transport en commun électrique. "Le système actuel ne fonctionne pas, il court vers sa disparition".

Les conducteurs de calèches estiment eux que ces dernières sont indispensables afin d'attirer les touristes sur l'île. "Beaucoup de touristes viennent pour les calèches", affirme Osman Fidan, cocher depuis 35 ans. "Si on les interdit, cette île dépérira".