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Marseille : la pollution entraine la fermeture des plages
Publié le 02/07/2019

SociétéFrance

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Depuis le 1er juin, début de la saison estivale, les Marseillais s'interrogent sur la fermeture d'une quinzaine de plages. La cause est, selon plusieurs analyses, une mauvaise qualité d'eau de baignade. Du côté de la municipalité, les critiques et les débats des citoyens au sujet des fermetures sont incompréhensibles et la mairie s'attend plutôt à des remerciements.

 

 
© Barmalini / 123RF

" Les gens devraient nous dire bravo. Nous ne sommes pas obligés de procéder à ces analyses préventives quotidiennement, mais nous le faisons. Si nous nous contentions des analyses ponctuelles de l'ARS les gens pourraient se retrouver à se baigner dans une eau sale ", souligne Monique Daubet dans le 20minutes, adjointe LR à l'hygiène à Marseille.
Depuis le 1er juin, les plages ont été fermées plus de sept jours et quinze drapeaux violets ont été hissés, interdisant la baignade. Les principales plages concernées sont celles de Borély, du Prado, de l'Huveaune, mais surtout celle du Prophète. Le cas de la plage du Prophète

Au total, on compte 5 drapeaux violets hissés concernant la plage du Prophète. Les analyses révélées sont inquiétantes : la présence de la bactérie Escherichia coli, atteint 15.199 UFC/100 ml alors qu' elle doit être inférieure ou égale à 100 UFC/100 ml pour être considérée comme eau de " bonne qualité ". Pour les entérocoques, les valeurs atteignent 5.918 UFC/100 ml, loin des 100 UFC/100 ml pour être considérée comme de l'eau de " bonne qualité ".

" Les Escherichia coli et entérocoques sont des marqueurs de déjection humaine ou animale ", explique Valérie Michotey, professeure d'écologie microbienne à l'institut méditerranéen d'océanologie d'Aix-Marseille université. Si quelqu'un venait à se baigner dans une eau comme celle des Prophètes du 12 juin dernier, il nagerait dans un bain de résidus de matières fécales.
" Des valeurs comprises entre 10.000 et 15.000, c'est ce que nous relevons à la sortie de l'émissaire de Cortiou [sortie des eaux usées et normalement traitées de Marseille] où la baignade est bien sûr interdite. Selon nos modélisations de courant, il n'est pas rare que l'eau soit portée vers les îles du Frioul, avant de revenir vers les plages, ce qui pourrait expliquer certaines pollutions. Mais les bactéries se dissolvent à la faveur des courants. Pour trouver de telles valeurs c'est qu'il s'est passé quelque chose ", avance la scientifique.

Quelle est la cause de cette pollution ?

Selon Monique Daubet, " un particulier a vidangé sa piscine dans le réseau d'eau pluvial, ce qui a contaminé l'eau. Vous savez, avec une piscine non nettoyée, on peut atteindre ces chiffres. Une mise en demeure a été adressée à ce particulier. " Une autre mise en demeure a été envoyée à une entreprise qui a aussi vidangé une réserve d'eau usée. " C'est vrai que nous sommes partis sur un rythme élevé de fermetures mais ce ne sera pas la saga de l'été. Et si jamais une plage ferme, il en reste 20 autres, je rappelle que le taux d'accessibilité en de 97 % ", avance Monique Daubet.