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La Côte d'Azur risque de voir ses palmiers partir en fumée à cause d'un insecte
Publié le 02/01/2019 642 partages

EnvironnementFrance

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La triste nouvelle est tombée, il est désormais trop tard pour sauver tous les palmiers de la Côte d'Azur et du pourtour méditerranéen. D'après l'Agence de sécurité sanitaire (Anses), il faudrait protéger les spécimens qui en valent la peine et surtout ceux qui peuvent l'être contre le charançon rouge, l'ignoble insecte qui les détruit.

Rédigé par un groupe d'experts, un rapport dramatique conclut à la presque impossibilité d'éradiquer l'insecte tueur de palmiers, le charançon rouge, sur l'ensemble du littoral méditerranéen ainsi qu'en Corse. L'insecte a tant proliférer en 10 ans qu'il semble désormais inarrêtable. Maladroitement introduit en 2006 via des cargaisons de palmiers à bas prix depuis l'Égypte, le charançon produit des milliers de larves détruisant le palmier de l'intérieur. En Méditerranée, l'Anses estime que « L'objectif réaliste le plus ambitieux serait de stabiliser la population de charançon rouge du palmier et de réduire son impact sur la mortalité des palmiers, tout en contrôlant aussi longtemps que possible son aire d'extension géographique. » La seconde possibilité pour les départements des Pyrénées-Orientales, de l'Aude, de l'Hérault, du Gard, des Bouches-du-Rhônes, du Var, des Alpes-Maritimes et de la Corse serait « D'envisager de limiter la protection à certains palmiers, notamment pour leur importance patrimoniale et proposer des espèces végétales de remplacement pour les zones non protégées. » En somme, planter de nouveaux arbres pour remplacer les contaminés.

La promenade des anglais

La promenade des anglais
© almotional/123RF

Il existe six combinaisons préventives d'après l'Agence. Pourtant, « C'est un aveu d'échec. Faute d'organisation, on entérine la faillite et c'est dramatique » d'après Michel Ferry, expert auprès de la FAO, agence de l'ONU dédiée à l'agriculture et l'alimentation. Il continue en expliquant que « La lutte contre ce ravageur n'est pas un problème technique mais un problème d'organisation collective et de volonté politique comme en témoigne l'exemple des Canaries, ou celui des oasis où il a pu être éradiqué. » Toujours d'après l'expert, « Même dans les situations difficiles en Europe, ont peut obtenir la réduction rapide de la population de charançon rouge, comme ça s'est fait en deux ans à Saint-Raphaël. Deuxièmement, la stratégie qui consiste à contenir le charançon en traitant régulièrement conduit à une impasse coûteuse, même l'Arabie Saoudite l'a abandonnée. Tous les pays concernés visent l'éradication rapide. »

Dans les zones infestées, des traitements insecticides ont été massivement appliqués pour réduire la pression du charançon et protéger les palmiers sains, des pièges à phéromones déployés, et un embargo décrété. La crise financière de 2008 a été un atout inattendu: l'urbanisation touristique a marqué le pas, contribuant à éviter l'importation de palmiers d'ornement infestés dans l'archipel, selon le rapport.