Egypte : un nouveau musée au Caire
Publié le 20/03/2014 Modifié le 06/07/2016

CultureEgypte

Twitter Facebook

Il devait ouvrir ses portes en 2012, ce grand Musée National de la Civilisation Egyptienne. Mais pour des raisons de financements, les travaux, amorcés en 2002, se sont éternisés.

Les Pyramides

Les Pyramides
© Richard Semik/ age fotostock

Le musée a été construit sur un carrefour touristique stratégique entre la Grande Mosquée et l'Eglise suspendue.

Il devait ouvrir ses portes en 2012, ce grand Musée National de la Civilisation Egyptienne. Mais pour des raisons de financements, les travaux, amorcés en 2002, se sont éternisés.

Dix ans plus tard, le chantier touche à sa fin.

C'est du moins ce que vient de confirmer le Ministre responsable de sa direction, Mohammed Ibrahim.

Une histoire de Patrimoine

Construit à proximité des pyramides, sur un site de 48 hectares au cœur de la vielle ville du Caire, à Al-Fustat, ce grand bâtiment gris nargue de sa modernité ses anciennes voisines en pierres de taille.

Les gérants souhaitent en faire la référence en matière de collection antique, avec près de 100 000 œuvres venues des musées du monde entier. Peintures, bibelots, sculptures, et objets de la vie quotidienne seront exposés sous les vitrines neuves de ce havre d'histoire, à l'heure où Alexandrie n'est plus qu'une ruine de villa en pièces et de bijoux brisé.

Le musée se concentrera sur la culture égyptienne, mais pas seulement. L'âge de pierre et les civilisations romaine, grecque, copte et arabe seront également représentés. Huit salles seront dédiées à l'Egypte, six autres aux expositions « secondaires », toutes organisées par thème.

Certaines salles seront même entièrement consacrées à des personnages importants de l'Egypte antique, comme des pharaons, des écrivains et des scientifiques. Le musée termine actuellement son « couloir de Toutankhamon ».

Un musée pour attirer tous les touristes

Ce musée est le dernier espoir d'un pays dont l'attrait touristique est depuis quelques années proche de 0. Situation politique instable, manifestations, attentats, les touristes fuient l'Egypte, leur argent sur les talons. De septembre 2012 à septembre 2013, les fréquentations ont chuté de 90%. La visite des pyramide a diminué de moitié, à tel point qu'Ibrahim a surnommé la région, la « zone fantôme ». Une baisse alarmante, acculée par l'attaque récente sur des touristes coréens.

L'Etat mise sur un géant culturel au top technologique pour remonter dans l'estime des voyagistes et des voyageurs. Plus qu'une juxtaposition de galeries, ce Musée National est une véritable ambition touristique. Il sera pourvu de laboratoires de recherche, de boutiques, restaurants, et d'un centre de conservation. Il y aura également des jardins, un parc, ainsi qu'une bibliothèque accessible aux visiteurs et étudiants du monde entier.

Le Ministre espère atteindre une moyenne de 15 000 visites par jour, et arrondir ainsi les flancs rachitiques des chevaux, à la diète et au chômage depuis qu'ils n'ont plus de touristes à promener.

Une inauguration continuellement retardée

Mais les Egyptiens vont devoir s'armer de patience. En effet, l'ouverture n'est pas pour tout de suite.

Le projet est financé par l'UNESCO et d'autres organismes internationaux, dont l'agence japonaise dirigée par Hideki Matsunaga qui fourni près de la moitié des fonds. L'inauguration était prévue depuis deux ans déjà, mais au vu de désaccords entre la direction du musée et Monsieur Matsunaga, elle a été reportée jusqu'en automne 2014, et pourrait encore reculer jusqu'en 2015.