Ces morts encore vivants chez les Torajas

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National Geographic nous fait voyager chez les Torajas, un peuple d'environ 650 000 habitants, où les morts ne "meurent" pas. Le rapport que les Torajas ont avec la mort et les défunts est à l'extrême opposé du nôtre et nous amène à nous poser de multiples questions quant à la mort. Découvrez ce reportage saisissant sur les coutumes d'un peuple à 12 000 kilomètres de chez nous.

Ce documentaire a été tourné sur l'île de Célébès ou Sulawesi en Indonésie. On y découvre un rite funéraire, propre au peuple des Torajas. Interprétée par notre regard occidental, cette coutume paraît bien étrange mais nous offre une manière de prendre du recul sur la manière de vivre un deuil. Des pleureuses monnayées du Royaume-Uni à la bulle sombre dans laquelle on a tendance à s'enfermer après l'annonce d'un mort, allant pour certaines personnes jusqu'à la dépression et l'addiction aux cachets, vivre un décès aurait tendance à varier selon le pays et les coutumes.

A 12 000 kilomètres de la France, les défunts des Torajas font encore partie intégrante des familles. Ils partagent la vie du foyer, participent aux prières, nourriture et boisson leur sont apportées et une fois la nuit tombée, la lumière reste allumée pour les éclairer. Les défunts sont également touchés, caressés, et la famille leur adresse la parole comme s'ils entendaient ou pouvaient répondre.
Les défunts ne sont pas considérés comme morts tant qu'ils "vivent" encore au sein du foyer. On les considère comme malades ou to makula'.

Certains d'entre nous pourrait trouver cette tradition effrayante ou repoussante mais ellle fait partie intégrante de la culture unique des Torajas. Une des premières personnes à prendre la parole sur cette vidéo déclare :
"Nous n'avons pas peur des corps sans vie, car notre amour pour nos ancêtres est bien plus grand que notre peur".
Pour conserver suffisament longtemps les corps des défunts et éviter la putréfaction de ces derniers, ils sont momifiés avec du formol. Selon Nat Geo, le peuple ne cherche pas à repousser l'échéance de la mort mais à vivre avec quotidiennement.

Le respect des ancêtres

Le respect des ancêtres
© Dormir-moins-bête.com

La conservation des corps peut aller de quelques semaines à plusieurs années. Pour les plus pauvres, la conservation ne dépasse pas quelques semaines. Pour ceux issus de la classe moyenne, le corps du défunt peut être conservé des mois.
Les familles les plus riches, elles, ont les moyens de garder leurs proches auprès d'elles durant des années.

Ces funérailles retardées sont aussi un moyen pour la famille d'acquérir assez de buffles à sacrifier car ils représentent le "véhicule" qui permet au défunt de se rendre paisiblement dans l'au-delà. Sans buffles, l'accès dans l'au-delà n'est pas possible. C'est également une manière de réunir l'ensemble de la famille et les membres les plus lointains pour un adieu final au proche décédé.
Après quelques années d'inhumation, les défunts du peuple Torajas sont exhumés afin de changer de tenue et pour qu'on puisse leur apporter nourriture et cigarettes. C'est aussi une façon pour la famille de rendre une nouvelle fois hommage à ses ancêtres et de les "présenter" aux membres de la famille qui ne les ont pas connus.

Cette manière d'honorer les défunts est aux antipodes de la nôtre et peut nous sembler étrange, mais dans la région du Toraja, le peuple se dévoue avec sincérité et amour à ses ancêtres. La question de respect des aînés et des coutumes étrangères en Occident peut se poser face à de tels rites. Notons que les touristes sont nombreux à se rendrent dans cette région de l'Indonésie pour observer ce rituel funéraire.

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Benhamida Nora
Publié le 12/04/2016 Modifié le 11/05/2016
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