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Dans la Grande Barrière de corail, le réchauffement climatique empêche les coraux de se reproduire
Publié le 21/04/2019 1261 partages

EnvironnementAustralie

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Selon une étude, le réchauffement climatique ralenti le rétablissement de la Grande Barrière de corail. Les chercheurs ont constaté une baisse de 90% de nouveaux coraux à la suite de grandes vagues de chaleur en Australie.

 

 
© tanyapuntti/123RF

La Grande Barrière de corail, un trésor inscrit au patrimoine de l'Unesco, est un ensemble de récif qui s'étend sur 2 300 kilomètres situé au nord-est de l'Australie. Selon une étude publiée dans la revue Nature, elle est aujourd'hui véritablement en danger.

"Nous n'avions jamais pensé découvrir une anomalie de cette ampleur", a commenté Andrew Baird, co-auteur de l'étude. Les vagues de chaleurs qu'elle a connu en 1998, en 2002, en 2016 et en 2017 ont engendré d'importantes périodes de blanchissement. Le blanchissement corallien, provoqué par la hausse de la température de l'eau, est un phénomène de dépérissement qui décolore les coraux. Les chercheurs ont constaté qu'à la suite de ces phénomènes, il y avait 90% de nouveaux coraux en moins que la moyenne.

"Nous pensions que la Grande barrière était trop grande pour s'effondrer. Jusqu'à maintenant" alerte Morgan Pratchett, chercheur sur les récifs coralliens à l'Université James Cook. Dans son dernier rapport, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) parlent d'une perte de 70 à 90 % des récifs coralliens, même si le réchauffement planétaire est contenu à 1,5 °C. La perte pourrait atteindre jusqu'à 99 % si la température moyenne grimpe jusqu'à 2 °C

 

 
© Brian Kinney

Les chercheurs ont estimé qu'il faudra entre cinq et dix ans pour que la production de bébés coraux se rétablisse complètement, à condition que la barrière ne soit pas victime d'un nouvel épisode de blanchissement. "Les coraux morts ne se reproduisent plus (...). Moins de bébés signifie que le rétablissement sera plus lent", note Terry Hughes, spécialiste des coraux à l'université australienne James Cook.

Au printemps 2018, une équipe de chercheurs australiens et américains, conduite par Terry Hughes, directeur de l'Australian Research Council Centre of Excellence for Coral Reef Studies, avait déjà mis en évidence une " mortalité catastrophique " de ces récifs.