Grève SNCF : une facture salée "d'une centaine de millions d'euros"
Publié le 16/04/2018 Modifié le 17/04/2018

TransportFrance

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Avec les trois mois de grève, la facture s'annonce salée pour la SNCF. Le coût s'élève à "20 millions d'euros par jour" selon le patron de la SNCF Guillaume Pepy. Point chiffré.

Après deux semaines de mouvement social à la SNCF, le patron du groupe ferroviaire annonce quelques chiffres, qui risquent de faire grincer des dents. Il affirme que la grève avait déjà coûté "une centaine de millions d'euros" à l'entreprise. Une facture salée qui devrait être plus lourde si le bras de fer continue, et pas seulement pour la société. Ces pertes risquent de toucher aussi les autres entreprises, les agences de voyages, les cheminots grévistes, mais aussi l'économie française.

La SNCF

20 millions d'euros. Il s'agit là d'une estimation des pertes par jour pour la SNCF. Le président de la compagnie ferroviaire, Guillaume Pepy a précisé lors d'une interview sur RMC et BFMTV "c'est de l'ordre de 20 millions d'euros par jour". Au total, depuis les deux semaines de grève, les pertes se chiffreraient à 100 millions d'euros.

Les usagers

Les usagers
© Hans Engbers / 123R

45 euros. C'est le prix proposé par la société Ouibus, filiale de la SNCF, qui prend la relève face à la grève. En effet, les voyageurs qui se ruent sur le site de la SNCF pour payer leur billet, entre deux moments de grève, pourrait payer le double du prix. Quelques aberrations ont été remarquées sur le site de la SNCF : un trajet Calais-Paris coûtait 500,50 euros le siège ! Pourtant la SNCF assurait que "la direction portera une attention particulière sur les prix des trains les jours de non grève. Les prix habituellement pratiqués restent les mêmes sur ces journées".

Les grévistes

56 euros. C'est le coût que les cheminots perdent chaque jour de grève. Pour obtenir un salaire partiel, les syndicats ont déposé dix-huit préavis de huit jours. Cependant, les cheminots doivent travailler cinq jours consécutifs pour bénéficier des deux jours de repos hebdomadaires payés, rappelle Europe 1. Ainsi, pour tenir bon, les syndicats proposent une aide financière : la CGT touchera 34,33% des fonds récoltés, l'Unsa-Ferroviaire 23,86% et Sud-Rail 16,83%. Ils pourront ensuite répartir ces sommes avec les grévistes.

Les agences de voyage

500 000 euros. Un jour de grève engendre 500 000 euros de frais supplémentaires à cause des heures de travail supplémentaires, afin de réorganiser les déplacements affectés par les grèves. Suite aux annulations, les spécialistes sont donc confrontés aux "conséquences liées à l'impossibilité d'utiliser des prestations déjà payées". En temps normal, les agences de voyages vendent en moyenne 55 000 billets SNCF et 45 000 trajets avec Air France. On estime que la baisse de réservation de billets d'avion et de train est de "l'ordre de 20% par rapport à la même période en 2017".

Les autres entreprises

10%.Les secteurs qui dépendent des services du fret ferroviaire ont aussi des conséquences lourdes suite à la grève. 10%, c'est le nombre de marchandises qui circulent sur les rails. Ainsi, plusieurs entreprises se sont ruées sur d'autres transports alternatifs comme les trajets en camion, qui représente du coup un surcoût. Selon le directeur de l'entreprise Travel Planet à Lille, Tristan Dessain-Gelinet : "on est de l'ordre de 10 à 15% de coûts supplémentaires en temps de grève, ne serait-ce que par la désorganisation et les surcoûts liés aux impacts quotidiens qu'on subit".