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Brésil : un défenseur de la forêt amazonienne a été tué
Publié le 14/11/2019

SociétéBrésil

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Paulo Paulino, défenseur de la forêt amazonienne, a été assassiné lors d'une embuscade réalisée par des trafiquants de bois dans l'Etat du Maranhao dans le nord-est du Brésil, selon les autorités régionales. On fait le point.

Militant et défenseur de la forêt amazonienne, Paulo Paulino était en vadrouille avec un ami dans la forêt. Ils "s'étaient éloignés du village pour chercher de l'eau quand ils ont été encerclés par au moins cinq hommes armés", a tweeté le secrétariat aux droits de l'homme du gouvernement du Maranhao.

Paulino, tout comme son compagnon, Laércio, faisait partie d'un groupe nommé les "Gardiens de la forêt" formé par les Guajajara, tribu qui compte environ 14.000 personnes dans le Maranhao. Ce groupe a pour but de défendre les territoires indigènes menacés par l'exploitation illégale du bois et l'expansion agricole. Pour contrer les actions illégales, ils transmettent les données GPS de zones où sont retrouvés des troncs découpés. Par la suite, le groupe aide les pompiers lors d'incendies de forêt.

 

 
© Rafal Cichawa / 123RF

L'attaque s'est déroulée sur le territoire indigène d'Arariboia en Amazonie, environ 500 km de Sao Luís, capitale de l'Etat de Maranhao, ont précisé les autorités. Selon l'ONG Survival International, Paulo Paulino Guajajara, connu également sous le nom de Kwahu Tenetehar, a été touché au cou par un coup de feu et est mort dans la forêt tandis que son compagnon Laércio, connu sous le nom de Tainaky Tenetehar, a été touché par balle dans le dos. Ce dernier a réussi à s'enfuir.

La colère chez les ONG

"Nous ferons tout pour amener devant la justice les responsables de ce crime grave", a expliqué le ministre de la Justice brésilien Sergio Moro. Pour l'ONG Greenpeace, "Paulino et Laércio sont les dernières victimes d'un Etat qui se refuse à respecter ce que stipule la Constitution". Greenpeace dénonce aussi "l'incapacité de l'Etat à accomplir son devoir de les protéger ainsi que tous les territoires indigènes du Brésil".
"Il est l'heure d'arrêter ce génocide institutionnalisé. Cessez d'autoriser de verser le sang de notre peuple"", a tweeté après l'annonce du meurtre Sonia Guajajara, coordinatrice de l'Association des peuples indigènes du Brésil (APIB).
Selon des chiffres du Congrès missionnaire indien (Cimi, association liée à l'Eglise catholique) cités par l'APIB, 160 intrusions de trafiquants de bois ou d'orpailleurs illégaux ont été recensées depuis janvier jusqu'en septembre 2019.