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Des images magnifiques d'une licorne des mers adoptée par des bélugas
Publié le 03/10/2018

InsoliteCanada

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Il n'est pas si rare que la nature nous offre des histoires de famille improbables comme des gazelles protégées par des lions où des éléphants qui s'occupent d'un hippopotame. Plus rare en revanche sont les familles inter-raciales dans le monde marin. Au Canada, des chercheurs ont pu observer, depuis 2016, le comportement d'une bande de jeunes bélugas qui a adopté une licorne des mers.

Ces narvalos de bélugas

C'est l'histoire d'un narval solitaire, qui après des semaines à dériver, s'est trouvé une nouvelle famille. Les narvals, aussi appelés licornes des mers, sont très ressemblants avec les bélugas à cela près qu'ils possèdent une immense corne sur le front. En 2016, alors que le narval se trouvait à plus de 1000 kilomètres de son lieu de villégiature habituel, l'Arctique, il s'est pris d'amitié avec un groupe de jeunes bélugas. Deux ans après sa découverte par une équipe de chercheurs du Groupe de Recherche et d'Éducation sur les Mammifères Marins (GREMM), l'animal unicorne nage toujours avec ses amis dans le fleuve Saint-Laurent, au Canada.

Le cétacé a pu être filmé par les scientifiques alors qu'il nageait entouré d'une dizaine de ces petites baleines blanches au large de la ville de Trois-Pistoles, à l'embouchure du Saint-Laurent au Canada. Ce que les chercheurs pensaient être une rencontre fortuite s'est finalement muée en une amitié forte puisque cela fait désormais près de trois ans qu'elle dure. Le narval a pu être reconnu grâce à son dos blanc tacheté de noir qui est facilement identifiable.

Du melting-pot au melting potes !

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© Andrii Zhezhera/123RF

Pour la première fois équipée d'un drone, l'équipe a donc pu enregistrer des images exceptionnelles d'un des groupes de mammifères marins les plus atypiques. À terme, ces images doivent être utilisées pour l'étude détaillées des interactions sociales entre individus au sein des nombreux groupes de bélugas du fleuve canadien. Selon Robert Michaud, directeur du GREMM : « il apprend, dans les faits, à être un béluga. Il a trouvé des copains. Et ils le traitent comme si il était l'un des leurs. »

Il y a différentes façons d'expliquer ce comportement. Tout d'abord, les narvals comme les bélugas aiment nager à la surface de l'eau en se frottant les uns aux autres et en exhibant leurs organes génitaux. De plus, ils font parties de la même famille de cétacés, bien que cela soit deux espèces bien distinctes. Elles ne vivent pas aux mêmes endroits et n'ont que peu de possibilités d'interactions en temps normal. Les narvals ont une préférence pour les eaux froides du Grand Nord. Étant donnée que les deux espèces peuvent vivre jusqu'à 60 ans, « ce sera une longue histoire à suivre. » estime Robert Michaud. Avec les changements climatiques, il se pourrait que les deux espèces en viennent à se rencontrer de plus en plus. La question actuelle est de savoir si les deux mammifères peuvent se reproduire entre eux et ce que donnerait le résultat d'une hybridation de ces animaux.