En Australie, les kangourous posent problème
Publié le 11/02/2019 303 partages

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Deux fois plus nombreux que les Australiens, les kangourous sont de plus en plus vus comme des nuisible par les habitants. Selon les agriculteurs les kangourous endommagent leurs terres, et représenteraient une menace pour la faune et la flore du pays. Le marsupiaux emblème du pays est aujourd'hui massivement chassé...

 

 
© Chaiwat Leelakajonkij

Une prolifération qui pose problème


Si les étrangers les voient comme d'adorables peluches qui sautillent, les australiens les considèrent comme des nuisibles qui détruisent l'écosystème. Les comptages aériens officiels annoncent plus de 47 millions de kangourous, plus du double de la population australienne. Dans le bush australien, les kangourous prennent les "proportions d'un fléau" pour les fermiers. Ils envahissent les fermes, volent la nourriture du bétail, endommagent les voitures, les clôtures et seraient la cause de la disparition de la végétation?

Mais pas seulement. En août 2018, des bandes de kangourous ont envahi la capitale, Canberra, à la recherche de nourriture après une grande sécheresse dans la région. La cohabitation avec les Hommes n'est pas toujours simple. Selon les assureurs, chaque année, les kangourous seraient la cause de 80% des collisions entre véhicules et animaux dans le pays. "Les gardes forestiers rapportent un nombre record de victimes de la route avec le nombre le plus élevé jamais enregistré de kangourous tués lors de collisions avec des voitures" explique Daniel Iglesias, directeur du Service des parcs et de la conservation d'Australian Capital Territory.

Même s'il est parfois tentant d'aller les caresser, leur comportement peut être imprévisible et mieux vaut ne pas s'en approcher conseille Daniel Iglesias : "Les gens ne doivent pas s'approcher des kangourous pour les caresser ou les nourrir. Ils ne sauraient pas interpréter ce geste bien intentionné et risqueraient de se défendre"

Une réponse radicale


Face à l'invasion, le gouvernement encourage la consommation de viande de kangourou et autorise la chasse. Les espèces abattues sont par la suite vendues pour leur viande et leur peau. Un commerce d'environ 200 millions par an en Australie. "Si nous n'abattons pas les kangourous ou ne réduisons pas leur nombre d'une manière ou d'une autre, nous perdrons beaucoup en biodiversité", explique l'écologiste et professeur de l'université d'Adelaïde, David Paton. Environ trois millions de kangourous sont tués chaque année. Même selon les chercheurs cette solution serait malheureuse mais la seule efficace pour eviter leur prolifération.

Les associations de défense tentent de se faire entendre et expliquent que l'abattage massif pourrait mettre en danger l'espèce sur le long terme. Dwayne Bannon-Harrison, membre du peuple aborigène Yuin, en Nouvelle-Galles du Sud, ne croit pas que des animaux tels que les kangourous peuvent être un risque pour le pays : "Comment un animal qui est là depuis des millénaires pourrait-il détruire le pays ? "

 

 
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