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Au Pakistan : mon animal de compagnie est un ... lion
Publié le 11/07/2019 186 partages

SociétéPakistan

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Dans certains pays, des animaux considérés comme exotique ou sauvage sont des animaux domestiques. Au Pakistan, les lions sont des animaux domestiques comme les autres. On compte actuellement environ 300 lions domestiques dans des propriétés privées, situés dans ville de Karachi.

À Karachi au Pakistan, un commerce florissant d'espèces sauvages se développe et permet à la classe élite de se démarquer et d'apprivoiser des lions ou autres animaux exotiques.
"Ce sont... (certains) des animaux les plus rares que je possède", se rengorge Bilal, 29 ans, en tenant le félin en laisse.

Considérés comme un symbole de richesse, de puissance et de respect, les grands félins sont devenus monnaie courant dans ce pays qui est peu regardante sur la législation de l'élevage de ces animaux. Aucune réglementation existe. Il est d'ailleurs facile d'importer ces animaux sur le territoire.
On en compte aujourd'hui plus de 300 lions au Pakistan, dont certains ont été transportés et d'autres sont nés sur le territoire. Sur les réseaux sociaux, de milliers de vidéos de familles riches Karachites mettent en avant leurs lions. Ils paradent et se baladent avec eux dans leurs voitures de luxe.

Un trafic de lions

Selon Bilal Mansoor Khawaja, il estime que 300 lions se trouvent dans la ville de Karachi (sud), mégalopole portuaire d'environ 20 millions d'habitants réputée pour ses divers trafics. Les félins sont gardés dans des jardins, à l'intérieur de cages ou dans des fermes. Le riche collectionneur confie posséder plus de 4000 animaux de 800 espèces différentes, dont des zèbres, des flamants roses et des chevaux. Ces derniers vivent dans une propriété de près de 4 hectares au beau milieu de la jungle urbaine.

Le jeune homme affirme qu'il s'agit là, non d'une exposition de sa richesse ou de son statut prestigieux, mais plutôt d'une passion envers les animaux de compagnie. "Nous, les Pakistanais, nous avons un problème : là où notre cœur est doux, il est très doux. Quand il est dur, il est très dur", lance-t-il. Dans son zoo personnel, Bilal a embauché une trentaine de personnes qui travaillent par roulement et quatre soignants. Il confie également qu'il dépense une somme démentielle pour s'occuper de son zoo, sans révéler le montant.

Un transfert de 48 heures

Un transfert de 48 heures
© mayamaya/123RF

La livraison d'un animal exotique se fait en général en 48 heures, en moyennant 1,4 million de roupies soit 7800 euros. Les animaux sont livrés avec un certificat des pays d'origine ainsi que des permis des autorités, conformément à un traité international visant à protéger les espèces menacées. Un autre type de business se développe : l'élevage des lions. Une trentaine d'éleveurs vendent des lions à tout moment. Cependant, la loi reste silencieuse au sujet du sort des animaux importés et sur les conditions d'élevage des lions.

Selon la conseillère technique pour l'ONG de protection de la nature WWF (Fonds mondial pour la nature), Uzma Khan "il y a beaucoup d'éleveurs privés et ils sont très louches". Certains propriétaires, comme Bilal Mansoor Khawaja, peuvent avoir les moyens et la passion pour fournir une alimentation saine à leurs animaux. Mais d'autres sont connus pour ne pas être à la hauteur. Isma Gheewala, vétérinaire à Karachi, affirme avoir traité entre 100 et 150 gros félins dans sa clinique ces dernières années pour des déficiences en calcium. "Leurs os deviennent extrêmement fragiles", explique-t-elle. "Et s'ils sautent d'à peine 30 centimètres de haut, ils se blesseront un os ou autre chose, et mettront du temps à s'en remettre."

Propriétaire et vendeur d'animaux exotiques réfutent l'idée qu'une espèce soit en danger si on la retire de son habitat naturel. "Beaucoup d'animaux sont soit éteints, soit sur le point de l'être", soutient Bilal Mansoor Khawaja. "Je ne veux pas que les prochaines générations ne voient pas ces animaux." Cet argument est loin de plaire à Uzma Khan, de WWF qui déplore que "un animal en captivité n'est pas ce qu'il est dans la nature", en précisant "quel est l'intérêt d'avoir un animal qui ne chasse pas, qui est dans une cage sans montrer son comportement naturel ? "