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En Antarctique, le glacier Thwaites inquiète les scientifiques
Publié le 28/02/2019 Modifié le 05/03/2019

EnvironnementFrance

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En Antarctique, un glacier nommé Thwaites, de la taille de la Grande-Bretagne, inquiète fortement les scientifiques et tentent d'alerter sur la situation de cette région qui est vouée à disparaître. La cavité qui se forme à l'intérieur de l'immense glacier le fragilise et cela pourrait avoir de graves conséquences s'il se détachait.

 

 
© Stephen Lew

 Le Glacier Thwaites est rongé de l'intérieur


Le Glacier Thwaites est l'un des plus gros glaciers du pôle Sud. Il fait 120km de long et 600 km de large. Récemment des scientifiques ont identifié une immense cavité sous marine de 300 mètres de haut et de 10 km de large, dans une partie cachée de ce glacier.

En cause le réchauffement climatique et celui des eaux profondes. Le gouffre se remplit d'eau de mer et laisse passer la chaleur ce qui engendre la fonte et l'instabilité du glacier. Cette nouvelle découverte pourrait avoir de graves conséquences pour notre planète. S'il venait à se détacher, il causera une hausse du niveau des océans de plus de 3 mètres, et pourrait avoir un impact négatif sur les glaciers voisins et les écosystèmes. Avec la montée des eaux, les côtes seront aussi exposées à des risques d'inondations et d'érosions.

En 20 ans, le Thwaites a reculé de 14 km

"Ce glacier se retire d'à peu près un demi-kilomètre par an, depuis une bonne vingtaine d'années", précise Eric Rignot, professeur en sciences de la Terre à l'université de Californie. Le glacier est déjà responsable, chaque année, de 4% de la montée du niveau de la mer dans le monde, selon la Nasa. "Au cours des trois dernières années, 14 milliards de tonnes de glace contenues dedans auraient ainsi fondu", expliquent les scientifiques, dans une étude qui vient d'être publiée dans Science Advances. En 2014, deux études avaient déjà alarmé sur la rapidité de la fonte des glaciers, montrant qu'en vingt ans, le Thwaites avait reculé de 14 km, son grand voisin le Pine Island de 31 km, le Haynes de 10 km, le Smith et le Kohler, de 35 km chacun..."Thwaites et le glacier voisin, Pine Island, vont entraîner le reste de l'Antarctique occidental", s'inquiète Eric Rignot.

"J'ai toujours en tête cette phrase du spécialiste du climat Jean-Marc Jancovici", conclut Emmanuel Le Meur, maître de conférences à l'université Grenoble-Alpes. "Le problème, ce n'est pas le fait qu'on aille dans le mur ou pas. On va dans le mur ! Le problème, c'est à quelle vitesse on y va, à 50 km/h ou à 5 km/h ?". Les seules solutions pour ralentir cette fonte seraient de revenir à une période plus froide pour que le glacier se retire plus lentement, donc de réduire les émissions de gaz à effet de serre et "avoir des économies, des modes de vie de moins en moins tributaires de ces énergies fossiles que sont le pétrole et le charbon".