Malgré ces avantages, le tourisme ne semble pas vouloir décoller de manière significative depuis plusieurs années. Pour y parvenir, professionnels et institutions publiques misent sur trois enjeux essentiels. Le premier repose sur l'augmentation de la capacité hôtelière. En effet, si l'île compte plus de 1 300 lits, la moitié est proposée dans des maisons d'hôtes ou des gîtes. L'île compte d'ailleurs très peu d'établissements qualifiés d'« hôtels ». Sept au total dont deux situés dans la capitale Mamoudzou. Parmi eux, un seul est étoilé, les autres se contenant d'une classification en forme d'ylang-ylang ! « Il ne s'est pas passé grand-chose en matière d'ouverture depuis 10 ans », confie Pierre Stéfanica, directeur et propriétaire de l'hôtel Jardin Maorais, également membre du Comité du Tourisme, de la Chambre de Commerce et du Syndicat des Professionnels du Tourisme de Mayotte. Les seuls hôtels à avoir vu le jour dernièrement sont le Sakouli en 2001 et l'Iris (hôtel de ville) en 2008 ».
Malgré un besoin évident, pas facile de construire de nouvelles structures, loi littorale oblige. Pour la contrer, des solutions ont été trouvées, comme nous l'explique Christophe Gravier, directeur du Comité du Tourisme de Mayotte depuis juillet 2009 : « Neuf sites ont fait l'objet d'un déclassement dans le cadre du plan d'aménagement de développement durable (PADD) ». Mais cette avancée ne règle pas tous les problèmes, notamment le droit de propriété. En effet, de nombreux terrains appartiennent depuis des années à plusieurs familles mahoraises. Si l'une accepte de vendre, rien ne garantit que l'autre (ou les autres !) sera du même avis.