Deuxième enjeu (ou premier ex aequo) : l'aéroport et ses 1 930 mètres de piste. Impossible aujourd'hui de faire venir les très gros porteurs (Boeing 747 ou A-380) ou de faire décoller les longs courriers avec le plein de carburant. Pour l'heure, les compagnies Kenya Airways, Air Austral et Corsairfly proposent donc des vols Mayotte-Paris avec escale (Nairobi, Saint Denis de la Réunion ou Tananarive), l'aller Paris-Mayotte étant direct uniquement avec Corsairfly. En plus de freiner le développement du tourisme, ces escales rallongent le trajet de centaines, voire de milliers, de kilomètres et d'heures d'attente pour les passagers. Certains acteurs considèrent donc la piste comme la solution indispensable pour que le tourisme s'envole ! Un argument supplémentaire pour attirer les investisseurs et une possibilité non négligeable de baisser les prix de l'aérien. Corsairfly propose par exemple son aller/retour à partir de 810 euros TTC. Outre son vol du vendredi au départ de Paris-Orly, la compagnie doublera la desserte de Mayotte à l'année et programmera un troisième vol hebdomadaire durant l'été. « La mise en place des rotations a été très progressive. L'annualisation de la première a été mise en place suite à l'annonce de la départementalisation » explique David Parlange, directeur du marché extérieur Corsaifly. « Nous visons aujourd'hui les 50% de part de marché grâce à notre vol direct et à notre politique tarifaire attractive. Nous tablons davantage sur la clientèle locale que sur le tourisme extérieur ».
En attendant 2015 et l'éventuelle construction (actuellement à l'étude) de la nouvelle piste, un aérogare flambant neuf devrait ouvrir ses portes en 2011. Côté routes et signalisation, des progrès restent à faire ; si le réseau est correct, de nombreuses routes mériteraient un petit lifting et des panneaux supplémentaires seraient les bienvenus...