Des prairies comme en Toscane, des fermes sur le modèle des anciennes latifundias, des puits au contour de brique et au support en tronc de palmier. Un jeune dromadaire attaché à un pieu, qui surveille le domaine comme un chien de garde. Pour venir jusque-là, une piste de sable, avec des levées de terre plantées de figuiers de Barbarie. On a l'impression d'être à des kilomètres du moindre centre urbain. Comme si le temps, ici, était celui d'il y a 2 000 ans. Le dénivelé du terrain cache le rivage ; les palmiers font osciller leur couronne de palmes au gré du vent, parfois chargé de sable du désert. Pour un peu, on croirait que le Sahara a changé de climat. Mais en 10 minutes à peine, on rejoint la route côtière de Djerba. Avec la sensation énigmatique de cotoyer deux mondes, deux visages de l'île, dont le plus secret ne se découvre qu'au printemps. Lorsque Djerba est émaillée de fleurs. Pour la découvrir, ne cherchez pas les panneaux d'indication : prenez le premier chemin de terre en direction de Midoun.
© texte : Estelle Mariotte ; photo : Carlos Rodrigues.
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