Dans son moulin, Jean moud quinze à vingt tonnes de châtaigne de la mi-novembre à la fin janvier. Le moulin, remis en état par le Parc Naturel Régional de Corse, fonctionne à l'ancienne, par la seul force du torrent qui passe sous ses pierres moussues. D'antiques meules de granit écrasent les fruits en une farine plus ou moins fine selon le désir des clients. Car Jean Bonelli, comme la plupart des meuniers, travaille surtout pour les autres. Les gens viennent de toute la Corse lui apporter des sacs de châtaignes séchées. Le secret de sa renommée : une farine au goût de caramel due à un ultime passage des fruits au four à bois et un réglage quasi-parfait des meules. Pour rémunération de son travail, Jean garde 10 à 20 % de la production.
