A 644 km de Bamako, la bien nommée Venise du Mali n'est accessible que par une unique route. Installée là où se rencontrent le fleuve Niger et son affluent le Bani, Mopti jouit d'une enviable situation. Pendant l'hivernage, la ville est presque entièrement entourée des eaux qui inondent les nombreuses rizières. Malheureusement, la beauté des environs est quelque peu écornée par les décharges sauvages. Sur les rives très animées de cette grande ville du Mali, l'incontournable port et ses travailleurs se mêlent à l'effervescence du grand marché. La population de tout âge et les nombreux marchands derrière leurs étales bigarrées posées ici et là forment un univers en constante agitation où chacun vaque à ses occupations. Toutes de multiples couleurs, les pinasses couvertes ou non (longues pirogues en bois) se choquent sur les bords avant de se dégager pour aller à la pêche ou emmener les curieux découvrir les alentours bien plus calmes. Le village des Bozos, peuple de pêcheurs, forme un petit ensemble des plus fascinants et surprenants. On ne sait par quel miracle les quelques habitations dispersées et posées sur les eaux du fleuve tiennent encore et toujours debout. Les digues autour permettent de protéger les maisons de l'effondrement. Mais chaque montée des eaux représente un réel danger pour ces habitats de plain-pied réalisés en terre et en paille. Quelques arbres ont réussi à prendre racine au milieu du fleuve. Evidement le produit de leur pêche est à découvrir sur le marché de Mopti. Comme un avant-goût au joyau de Djenné, on découvre de retour sur la terre ferme la mosquée de Komoguel, édifiée en 1932.
© Textes et photos : Karina Walbrecq