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Le passé retrouvé de Sékoro - Mali

Reportage Mali : Le passé retrouvé de Sékoro

Le passé retrouvé de Sékoro

A 230 kilomètres de Bamako se dévoile l'ancienne capitale du pays Bambara, fondée par Mamary Biton Coulibaly en 1712. Sekoro, littéralement l'ancienne ville de Ségou, cité moderne située juste à côté, est l'un des rares villages traditionnels Bambara à avoir été conservé même si aujourd'hui les habitants sont musulmans. Sur les murs, les sols et les toits, le visiteur toujours accompagné d'une nuée d'enfants retrouve la terre rouge qui forme un ensemble homogène réalisé en latérite. Après avoir salué le chef du village habillé en habit d'apparat pour accueillir le voyageur, un entrelac de ruelles étroites se découvre. Les habitats n'offrent que quelques interstices, en plus des portes, permettant de faire entrer la lumière à l'intérieur de la ou des pièces. Dans les intérieurs, n'oubliez pas de lever les yeux pour admirer les plafonds ! Tous les chemins mènent immanquablement au Palais Bito, l'un des joyaux architecturaux du village construit selon la conception animiste, c'est à dire avec 7 chambres. Ce chiffre représente la réunion du 3, symbole du masculin et le 4, celui du féminin. A l'intérieur de ce lieu de pouvoir, il était offert aux invités du mil et de l'alcool afin de savoir s'ils avaient de mauvaises intentions. En effet, le vrai Bambara est celui qui est saoul, ainsi il dit l'entière vérité ! Rénové et inauguré en 2008, on découvre aujourd'hui le palais sous son meilleur jour. Dans un même élan de préservation du patrimoine et de mise en tourisme, les autorités ont créé un musée afin de mieux faire connaître l'univers Bambara. Il faut ensuite continuer ses déambulations dans le village pour atteindre une petite mosquée surmontée d'un énorme baobab sur le bord du fleuve Niger. Carte postale assurée ! Non loin, des lessiveuses sur quelques marches menant à l'eau plaisantent au soleil. Sur le chemin du retour, un détour s'impose pour voir la petite mosquée construite pour la mère du roi-fondateur, qui elle était musulmane.

© Textes et photos : Karina Walbrecq

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