Réalisé dans les pays de l'Afrique de l'Ouest, le Bogolan est un tissu traditionnel indissociable du Mali. Sa technique pluriséculaire est à découvrir notamment dans une école de Bogolan aux environs de Segou. Le centre N'Domo permet aux visiteurs de se familiariser avec les artisans aux différentes étapes essentielles à la réalisation du tissu, orné de motifs. Matières et couleurs sont naturelles. Les fleurs ou feuilles locales collectées sont chauffées pendant 5 heures. Des bandes de coton filé, plus tard assemblées les unes aux autres, sont alors plongées plusieurs fois dans le bain afin que la couleur obtenue s'accentue. Les voici prêtes à recevoir et à fixer les motifs dessinés par les artistes grâce à l'utilisation de l'argile. Pour ce faire, ils se servent de différents outils pour obtenir des traits plus ou moins fins. Après le séchage au soleil, un nouveau bain permet d'enlever l'excédent de boue et de voir apparaître le résultat indélébile. L'opération peut être renouvelée afin d'obtenir un dessin plus prononcé. La suite de la visite se fait dans la boutique qui tient lieu également de lieu d'exposition.
Autrefois, chaque bogolan était unique car la symbolique des motifs, souvent des idéogrammes, se rapportait à son propriétaire. Ainsi les étoiles autour de la ceinture du pagne représente le nombre d'enfants, de personnes disparues, etc. Des idéogrammes sont récurrents sur les pièces de tissus : sept, le chiffre de l'union ; le carrefour, symbole de la croisée des chemins ; la fleur de la calebasse, qui accompagne les différentes étapes de la vie ; la peau du serpent sacré, représentant les différentes personnes de l'empire du Ghana qui se sont éparpillées dans de nombreux pays ; etc. Mille histoires à déchiffrer ! Le musée national est l'un des endroits du Mali les plus exhaustifs pour découvrir sa grande richesse en matière de textiles. 700 m² sont consacrés à l'exposition de pièces datant du 11e siècle à aujourd'hui. On y découvre la diversité des matières et techniques utilisées en pays malien.
© Textes et photos : Karina Walbrecq