Parmi les différents arbres très répandus au Mali comme le manguier, le nim, le karité ou l'acacia, le baobab occupe une place à part. Certains peuvent dépasser les 2000 ans. Il s'éteint sans que cela ne se remarque car il reste encore debout pendant environ deux mois. Symbole de grande longévité, c'est un arbre sacré et magique en pays Dogon. Chaque famille possède le sein, duquel elle extrait de la fibre. C'est pourquoi vous verrez en passant à côté, des anneaux verticaux partout sur les troncs. Quand l'arbre faiblit, il n'est plus utilisé. Il permet aussi de manger d'octobre à juin, grâce à quelques feuilles récoltées au quotidien. Ces dernières possèdent des vertus médicinales. Partout dans le pays et au delà des frontières maliennes, les multiples utilisations du baobab font le bonheur des habitants et des voyageurs à la recherche de goûts inconnus. Le fruit comestible de cet arbre s'appelle le pain de singe, aussi connu comme l'Imodium de l'Afrique. Goûter l'intérieur permet de prendre un bol de vitamines et d'éviter des problèmes gastriques. Le pain de sucre peut également se déguster en tant que sauce ou poudre. C'est cette dernière que l'on boit quand on commande un jus de bouye, souvent associé au gingembre. Ce jus peut également être mélangé avec de la fleur d'hibiscus. Le pain de singe est également utilisé pour la fermentation de la bière. Dans ce pays indissociable de la musique, les maracas prennent forme grâce à cet arbre généreux.
© Textes et photos : Karina Walbrecq