150 km séparent Dubaï d'Abu Dhabi. Une heure et demie en voiture, sur cette voie rapide si rectiligne, si soporifique, si continue, si monotone. Une fois les dernières tours de Dubaï dépassées, c'est un sentiment de vide qui s'installe, de territoire infini... Désert à perte de vue et routes goudronnées, parfaitement neuves. Des gens vivent-ils ici ? Au-delà de cette route, de ce désert ? Le paysage défile derrière la vitre relevée de la Mercedes qui m'emmène vers l'hôtel où je loge. Akim, le chauffeur, préfère travailler de nuit à cause de l'éternel trafic de Dubaï. On pourrait croire que la conduite est plus agréable à la fraîche, mais non... Nous sommes début juin, il est 2 h du matin et la température n'est pas descendue, ou si peu... Il fait 35°C et l'air est chaud, suffocant. Ce n'est pas la saison touristique, les hôtels sont vides ou presque. A partir de la fin de l'automne, les clients commenceront à occuper ces établissements, plus luxueux les uns que les autres. Abu Dhabi semble prendre le pli de Dubaï de ce point de vue là, mais offre une perspective que l'on a du mal à trouver à Dubaï. Les hôtels sont ici plus espacés, la mer mise davantage en valeur, on aperçoit avec plaisir, lorsqu'on se penche un peu, une ligne d'horizon. Pour combien de temps ? là est la question... Ces tours, hôtels, restaurants, centres commerciaux se construisent à une vitesse étourdissante, inéluctable. La modernité prend progressivement le dessus sur l'environnement.
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