Rabih Abou Khalil n'en est pas à son coup d'essai et c'est le moins qu'on puisse dire. Pour son vingtième album, l'artiste libanais va creuser au plus profond de l'âme humaine en extirpant nos émotions à coups de oud, sorte de luth très populaire au Moyen-Orient.
C'est un véritable ballet émotionnel qui se crée au fil des dix morceaux. S'ils sont globalement empreints d'une amertume et d'une mélancolie certaines, ils parviennent également à nous faire vibrer de joie tant les accords musicaux sont recherchés, à la limite de l'inconnu.
Le mélange de jazz et de sonorités arabes fonctionne à merveille, nous donnant parfois l'envie de nous lancer dans une danse effrénée, à l'instar de Banker's Banquet, nous plongeant parfois dans une contemplation méditative de la société, comme Dreams of a dying city, au nom évocateur.
Pour autant, il est clair que l'album n'est pas à la portée de tous. Le tuba et le luth, peu fréquents, se réservent à l'oreille des avertis, tout néophyte n'y voyant ici qu'un opus de World Music supplémentaire qui ne manque certes pas d'âme, mais qui peut vite s'avérer lassant et répétitif.
Note :
Prix moyen : 17,00 €