C'est surprenant et injustifié : des trois capitales des pays baltes, Riga offre l'image la moins dynamique et la moins colorée. On la croit en plein pays alors qu'elle se trouve sur la mer ou presque. On l'envisage industrieuse, sortie de l'ère soviétique pour mieux se lancer dans les affaires, foin du bien vivre et des élégantes avenues... Heureusement, ces idées-là s'estompent, pour peu qu'on ne juge pas la ville sur son aéroport (effectivement triste et impersonnel). Entre fleuve, estuaire, campagne et jardins, Riga déroule un tissu urbain suffisamment unique et préservé pour que l'Unesco l'ait classé parmi son patrimoine mondial. Son vieux quartier n'est pas ceinturé de murailles comme à Tallinn, ni de la taille d'une capitale comme à Vilnius : néanmoins, il renferme une suite impressionnante de places, d'églises, de passages d'une autre ère, de bâtiments gothiques, aux façades rehaussées de briques et de stucs, qui rappellent ceux de la Flandre, de l'Allemagne du Nord. Cité prospère au Moyen-Age, ville de marchands aux guildes influentes, Riga est devenue au tournant du XXe siècle « le Paris de la Baltique » : un carrefour de création artistique, où les arts, et l'Art nouveau à l'époque, élaborent des immeubles, des rues, puis des quartiers. Au point que Riga dénombre aujourd'hui en son centre un tiers de constructions Art nouveau. Belle et vivante, la capitale lettonne est à voir en été, ou l'hiver sous la double parure du froid et des lumières de Noël. Sans oublier d'aller à la plage... Car Jurmala, entre dunes, lagunes et maisons de bois, est splendide. Ainsi se révèle, à 25 km de Riga, « le Saint-Tropez letton ». Aux uns, il évoquera la ville californienne de Carmel, aux autres les pogosts (maisons de bois) de Carélie, aux plus jeunes les maisons-jouets à assembler... A tous, un endroit inattendu qui vaut vraiment le voyage.
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